
La société Marquisienne comme beaucoup d'autres, doit gérer les paradoxes que son histoire a enfantés.
Très active et convaincue dans la sphère religieuse, elle règle ses comportements avec les assurances de l'église, tout en craignant la présence évidente et menaçante des esprits et des interdits du passé.

La nature de l'interlocuteur et la situation déterminent l'authenticité du discours; « il y a des choses secrètes qu'il vaut mieux ne pas dire…et qui ne seraient pas comprises! »
Tout devrait être clair et simple dans un espace où Dieu fait régner le bien…mais, on est surpris d'apprendre, au fil de la conversation, que Tamaheko, princesse, prêtresse et même »sorcière » , qui a vécu dans la vallée de Hakaotu…sévit toujours…
Son pae pae, qui est encore en bon état, est dangereux pour les femmes enceintes: »celles qui montent dessus font une fausse-couche…d'ailleurs, tous les « pae pae » sont dangereux pour les femmes enceintes! et même pour toutes les femmes! »

Les esprits et les tikis maudits…c'est du passé; on a fait bénir plusieurs fois les endroits dangereux donc …on ne risque plus rien…mais « méfie-toi quand même…et ne touche pas aux ossements…on ne sait pas ce qui pourrait t'arriver! »

Les « vehine ae » (esprits méchants sans visages) n'existent…presque plus…mais…dans certains coins…

On ira tous au paradis…mais lequel?
Sur cette île, sous le soleil et les cocotiers…c'est déjà le paradis …et monter retrouver tous les « pas drôles… pour chanter des louanges obligatoires…autant devenir « vehine ae » et rôder dans ces vallées magnifiques.

Ce qui fait le charme de la vie ici doit beaucoup aux structures naïves qui empêchent de glisser vers une vie réglée, programmée et déprimante (voir les hoquets du monde moderne…)

Les couronnes de fleurs ont encore un grand avenir aux Marquises

Et quand je regarde de loin,l'atelier de sculpture de Dominique, j'y trouve une poésie qui m'avait échappé jusque là…
« on regarde la vie de trop près, les femmes aussi…reculons un peu…encore…et goûtons le charme d'une silhouette dans le feuillage diffus de nos rêves »