
Coluche disait : « l'artichaut, c'est le plat du pauvre ; en effet, à la fin du repas il y en a plus dans l'assiette qu’au début… ! »
Nos élus locaux n'ont pas toujours confirmé cette règle. Il y a quelques années, lors d'un voyage à Paris, les élus de l'assemblée ont été reçus à un repas officiel où figuraient des artichauts. Ces légumes étaient inconnus des polynésiens.
Le personnel de restauration fut bien étonné quand il vint desservir la table, de constater que les assiettes étaient vides. Pas une feuille et pas un brin de foin n’encombraient les couverts. Nos convives avaient tout simplement mangé la totalité des artichauts.
L'histoire ne raconte pas les contorsions du cou indispensables pour éviter l'étouffement et le rôle impératif des cure-dents pour faire le ménage buccal.
Je suis persuadé, que longtemps après, ces artichauts n'ont toujours pas été digérés et qu'ils ressuscitent régulièrement dans la gorge de nos élus. Il n'y a qu'à voir les grimaces que les leaders se font quand ils dénoncent les défauts de leurs adversaires en sachant très bien qu'ils ont les mêmes chez eux. On peut leur conseiller l'utilisation d'une bonne purge ; ils connaissent très bien le terme puisque régulièrement ils en font la nourriture de l'assemblée.
Mais comme il y a toujours quelque chose de bon dans les individus, même lorsqu'ils font de la politique, on leur conseillera simplement une petite dose de sérum de vérité et d'humilité.

Nos hommes politiques sont les rois de la salle de bain; on leur donne une savonnette et ils nous font un mur de mousse…mais la mousse, c'est du vide et rapidement, on retrouve une ambiance humide et inerte…bien sûr, l'espoir fait vivre mais chaque nouvelle promotion apporte son lot de désillusions…
Pourtant, il y a des hommes qui inspirent le respect…Le premier président de l'assemblée terrotoriale (d'ici…) était atteint d'un mal très grave. A l'époque, les riches et les célèbres étaient évacués vers la France par avion. Les gens simples prenaient le bateau et quatre semaines de navigation…c'était parfois fatal. Ce président décida de renoncer à l'évacuation luxueuse (pour l'époque) et choisit, malgré la gravité de son cas, l'évacuation des gens simples.
Au moment où le bateau quitta le quai de Papeete, il y avait foule…on jeta des couronnes de fleurs. La tradition raconte que si la mer emporte les fleurs à marée descendante puis les rapporte à marée montante…le présage est bon.
Les couronnes quittèrent le lagon par la passe…mais restèrent au large à marée montante…
Le président mourut dans le canal de Panama!
Il n'y a pas que des danseurs étoiles dans ce monde…