Posts Tagged ‘Marquises’

Rudes paysages pour caractères durs

Vendredi, juin 19th, 2009

cote rocheuse


Aux Marquises, la côte rocheuse constitue une muraille sauvage et protectrice; rares sont les baies et les criques permettant l'accostage. Cette caractéristique a été utilisée par les habitants des vallées qui voulaient éviter de finir au four d'une tribu adverse sans que les assaillants cruels et affamés de violence ne se mettent eux-mêmes en danger pour repartir.


Manger pouvait se transformer en « être mangé »


muraille de pierre


L'océan est caillouteux avec une houle croisée redoutable…mais que c'est beau et sauvage


pirogue-épave


Enfin une plage accessible, c'est Hakamoui…la vallée des rois, un endroit où il ne faisait pas bon traîner…le domaine du terrible chef « Heato ». Sept personnes furent sacrifiées à sa mort…dont des enfants que l'on disposa sous sa dépouille…


chefs et guerriers


Eventail au manche en os humain, accessoires décoratifs couverts de cheveux …humains, tatouages identificateurs et oreilles géantes constituaient la panoplie du guerrier qui rejoignait sa pirogue ornée des têtes de ses dernières victimes.


fabrication des tikis


Un ami marquisien me confiait hier: « l'église nous prend de l'argent en plein d'occasions et on y entend…ceci est mon corps, ceci est mon sang…consommez-en… ». Ces mots ressemblent beaucoup à des paroles de nos ancêtres…eux, au moins, ils nous apportent du travail et de l'argent avec la sculpture et l'art… 


fabrication d'un


Il est vrai que la sculpture est devenue un moteur dans les îles.


 

Saint cochon aux Marquises

Samedi, janvier 3rd, 2009


A Noël, aux Marquises, c'est l'été (comme toute l'année).



Dans la baie, les voiliers bronzent paresseusement



Les endroits les plus calmes prennent des airs de vacances



Dans les nombreuses grottes des falaises, les esprits font la sieste



Aujourd'hui, c'est la « Saint cochon »…l'animal vénéré cuit depuis le matin



Les experts découpent le puaka à la méthode tribale



On note une recherche artistique pour accompagner les plaisirs de la bouche



Des guerriers en retard, font recuire le prince de la brousse


La formule du jour: « kaïkaï metai »…bon appetit!

Les couleurs de la culture aux Marquises

Vendredi, janvier 2nd, 2009

Passer le jour de l'an avec des amis marquisiens, c'est plonger dans une culture issue de l'histoire et toujours très respectée. Tekohutaha (la brume qui avance) porte sur le bras une représentation d'un pétroglyphe très fréquent sur les falaises de Nuku Hiva; il me précise « je suis né avec… »

Invité par Tuhatete, il a suivi la règle sacrée aux Marquises qui l'oblige à refuser l'invitation plusieurs fois et n'accepter qu'après la longue insistance de « l'inviteur »

Sur le bras d'un autre invité, ce magnifique tiki et une bordure de pétroglyphes. Lorsque je demande à son cousin le prénom du tatoué, il m'indique avec précaution « c'est lui qui doit te le dire… ». Il faut préciser que le prénom, capital familial, est une valeur importante et très respectée aux Marquises; autrefois le « vol » d'un prénom pouvait conduire au meurtre. Ces prénoms ont un sens, ici c'est Teutuputoka « le putoka qui résonne » (putoka est un gros coquillage utilisé comme une trompe)

Teikiheeoho (le prince qui se déplace sans arrêt) a fait reprendre son tatouage avec d'autres concepts

Les jambes et le ventre de Hokatai (guerrier de la mer) représente le gecko, un lézard qui court sur les murs et le plafond des habitations

 

Et ces guerriers qui plongent à 20 mètres de fond pour pêcher le repas et qui vont chasser le cochon sauvage au couteau savent jouer pleinement leur rôle de  » papa « ;Hokatai est expert dans l'utilisation du biberon, il endort son « futur toa » en dansant au son des chants marquisiens…

Paysages marquisiens

Vendredi, décembre 26th, 2008


Bord de mer à Hakamoui sur l'île de Ua Pou; cette vallée était très habitée il y a deux siècles. La mer y est toujours forte (face au vent). C'était un avantage qui apportait de la sécurité à une époque où les tribus cherchaient régulièrement des victimes à sacrifier. L'accostage mettait en danger les agresseurs en les empêchant de repartir. Ils devenaient parfois victimes eux-mêmes.



Intérieur de l'île de Ua Pou, végétation classique



Enorme banian situé sur un pae pae; cet arbre devenait parfois un « meae » (endroit tabou) lorsqu'on y cachait des crânes et os de membres de la tribu (Nuku Hiva)



Les pandanus sont très fréquents aux Marquises; leurs feuilles sont utilisées pour les toitures des constructions ainsi que pour la fabrication des chapeaux et des paniers.



Vallée encaissée dont les falaises regorgent de grottes funéraires (Nuku Hiva)



Hooumi, baie longue et encaissée qui fut dominée par la redoutable tribu des « taipi » (Nuku Hiva)



Tiki à Fatu Hiva

Les reliques aux Marquises

Jeudi, décembre 25th, 2008

 


Face à la mort, les marquisiens se montrent très fatalistes; il n'est pas question de gémir. Leurs ancêtres se préparaient longtemps à cette situation, faisant construire leur cercueil de leur vivant et l'essayant régulièrement. Comme nous l'avons vu dans un précédent billet, ce cercueil était entreposé dans la maison d'habitation. Ensuite, après la momification du défunt, des os étaient utilisés pour faire des objets chargés de magie, de pouvoir. Cette habitude n'a pas été oubliée mais si les objets fabriqués en os humains font partie de l'histoire, la charge magique qui auréole ce concept est toujours d'actualité. Une histoire qui date d'aujourd'hui m'a appris qu'un habitant de l'île ayant été opéré d'un os, a souhaité utilisé le fragment retiré dans l'opération, pour en faire un pendentif sculpté et l'offrir à l'un de ses proches…et ce cas n'est pas unique…


Imaginons et admirons les objets qui pourraient résulter d'une conservation des reliques de nos amis très chers…



La tête d'un os long devenue figurine



Des segments d'os en pique-cheveux



Une rotule devenue pendantif



Une omoplate taillée en signe astral…marquisien bien sûr!



Un radius devenu porte-bougie



Les vertèbres arthrosées en becs de perroquets de « grande tante » devenues « chevalières-tikis »



Et tout cela pour écarter les mauvais génies qui vous promettent l'enfer ou le paradis…

Ua Pou aux couleurs de Gauguin

Lundi, décembre 22nd, 2008


Aux Marquises, on croise des tableaux de Gauguin tous les jours. Le génie des couleurs n'a eu qu'à cueillir les images qui fleurissaient autour de lui.



 


Rien n'a changé, les marquisiens aiment la couleur, la musique et les fleurs et lorsqu'on vit longtemps avec eux, on oublie le charme de la grisaille, le doux chant des embouteillages et des foules, les plaisirs du stress et les senteurs enchanteresses de la rigueur et des règlements…



Les colliers, les couronnes, les sculptures et les parfums sont indispensables à la santé de la société



Ua Pou, l'île des artistes…les plus réputés des Marquises…dit-on…



Les jeunes filles sont très attachées à leur élégance et ici, l'une d'elle présente un collier réalisé par son père



Le rire et la musique surgissent à tout moment avec les « kaioi »; Moana, danseur, tatoueur et musicien maintient les accents traditionnels.



La voiture est une aventure très récente et nombreux sont ceux qui évitent la pollution, surtout dans les vallées.



Le couvre-chef est très prisé par les « vehine », de pandanus ou de coco.



La parade est partout, à l'image de la coquetterie des marquisiennes



Et les graines nombreuses et colorées sont abondantes dans la brousse



Les artistes ont de la personnalité



Les plumes de coq deviennent des pique-cheveux



Les plats à fruits indiquent le sens du vent…



La pierre fleurie se marie à l'os



Et la beauté éphémère triomphe partout

Concours de pirogues marquisiennes

Dimanche, décembre 21st, 2008

Le concours touche à sa fin, les artisans des différentes tribus ont réalisé des prouesses. Ces pirogues seront vendues au profit d'une association et elles iront à la pêche…

La voile est en tapa (bois battu)

La finition est parfaite…quelques heures de travail…

Ua Pou, l'île aux femmes…

Samedi, décembre 20th, 2008


L'île de Ua Pou a longtemps été surnommée « l'île aux femmes », l'île des « voleuses d'hommes »



Un de mes collègues, venu en célibataire, a donc voulu vérifier si la promesse de finir victime, las d'amour et de plaisir , dans les bras d'une douce « vehine » était une réalité…



Il a donc laissé fenêtres et porte ouvertes toutes les nuits




Les visites ont été nombreuses et envahissantes, sous la forme de moustiques, chats et lézards



Face à ce boycott de la part des charmantes, notre célibataire chercha à comprendre



comment devait être l'appât et le piège



qui capturerait les sirènes tant convoitées



Longtemps, notre loup resta bredouille…



et un jour, il découvrit le secret des femmes de Ua Pou, des « voleuses d'hommes »



Maintenant, il est comblé…de bonheur, de charme, d'amour…


J'ai, grâce à l'amitié qui me liait à ce « chasseur-victime » des terribles « voleuses d'hommes », compris les raisons de cette réussite…


Notre Dom Juan s'était montré sympathique, drôle, séducteur, ennemi de la jalousie…!


(les colliers des « voleuses d'hommes » ont été réalisés en os, corail noir, bois de santal, bois de rose et pierres fleuries, par les artistes des vallées)

Le murmure des symboles

Vendredi, décembre 19th, 2008



Rui, habitant de Taipivai et descendant de Taipi, utilise régulièrement le cheval pour visiter ses terres avec son beau frère Tuhatete. Amateur de cochons sauvages et éclairé sur les techniques de chasse de « l’animal vénéré », il  arbore un grand collier de dents de « puaka » lorsqu’il part en quête d’émotions porcines. Ce lundi pourtant, l’animal énorme (200kg environ) était au rendez-vous mais, le succès bouda nos deux Tartarins. La magie du collier, noyée dans les vapeurs de la dernière ondée, leur permit tout juste d’apercevoir le cochon moqueur. Adieu gigot, côtelettes et saucisses …




Au bout du sentier, en haut de la montagne…en pleine liberté…


 


Le « ae kaki »symbole assez récent,  est disposé sur les hauteurs d’une falaise face au vent « chargé de diffuser la désobéissance ». Représenté sur le tronc d’un arbre(symbole des bases traditionnelles) au départ d’une arborescence sectionnée (prolongation du respect séculaire avortée), il représente le « regard nouveau ». Et le nombre d’éléments utilisés est en lui-même, une provocation…, sachant que le nombre sept, porteur de la magie, de la guérison et de la paix dans la tradition marquisienne,  a été volontairement évité…



Quand les tags marquisiens portent le souffle de la contestation…



Et les tikis faussaires se gaussent

Le vaka ani, construction de pirogues traditionnelles

Vendredi, décembre 19th, 2008

Le vaka ani, c'est une compétition de pirogues étalée sur 3 jours. L'évènement est aussi important que le « tour de France »; les meilleurs rameurs du monde sont présents pour plusieurs courses difficiles car l'océan est souvent agité aux Marquises et il n'y a pas de lagon. En parallèle, des concours portant sur la culture marquisienne ont lieu dans à Hakahau. La fabrication de pirogues traditionnelles oppose les habitants de chaque vallée.



La pirogue est réalisée à partir d'un tronc de falcata en une journée



Elle est creusée avec une herminette



Le geste est précis



Ensuite la pirogue est poncée




Les rames sont aussi fabriquées, dans un style très marquisien.


Vendredi, course de pirogues et présentation de bijoux en os, nacre et bois