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Tout avec les doigts…

Jeudi, juillet 23rd, 2009

habitat marquisien


La maison marquisienne est souvent rudimentaire. Construite pour durer 20 ans, elle est composée de panneaux de bois assemblés et protégés de la pluie par des tôles. La base de l'habitation est en dur, comme le faisaient les anciens; on ne reconstruit que la partie aérienne lorsque les termites ont tout détruit. Actuellement, l'eau courante et l'électricité apportent un « confort moderne »


la cuisine


Très peu de meubles aux Marquises; un commerçant avisé ferait fortune…après avoir convaincu les locaux…


le repas local


La vaisselle est aussi rare que les meubles et l'on mange toujours avec les doigts…d'ailleurs c'est meilleur…et les « bruits de bouche » font partie des plaisirs incontournables. On plonge ses doigts dans le plat commun de kakù ou de popoï, on malaxe l'aliment dans le lait de coco et hop! le tour est joué, on déguste. C'est une pratique qui assure la cohésion du groupe…


poisson cru


 


le repas après la prière


Un observateur perspicace pourrait faire remarquer qu'il y a un verre de vin…faute de goût? certainement pas, c'est une marque d'ouverture vers la société moderne!


couronne sur popoï


Le rouget cru au lait de coco…délicieux


 


De toute façon, après la prière…on est protégé…et l'indigestion fait beaucoup moins peur que la faim!


 


consultez aussi « l'habitation sur le pae pae » en cliquant sur ce lien:  http://oceanien.hautetfort.com/

Kaïkaï improvisé…à la fortune du pot

Lundi, juillet 20th, 2009

La tradition d'accueil aux Marquises n'est pas un vain mot…


Arrivés à Hakatao après deux heures de piste difficile, nous apprenons qu'un problème nous détourne de notre projet; il est midi et on a faim…


Ici, pas de restaurant, pas de snack mais beaucoup de gentillesse et énormément de simplicité.  Tahiahoatapu s'est mise en quête d'une solution et a trouvé un programme très agréable: on va manger chez l'habitant.


Mais ici, il n'y a pas de produits précuisinés, on va dans la brousse, dans le faapù (jardin) et on se débrouille…


rôtis sur pieds


Bien sûr, il y a des cochons pas loin…mais il faut du temps pour les convaincre à devenir des rôtis triomphants…


On va nous préparer un repas local à base de kakù (fruit de l'arbre à pain au lait de coco), cochon déjà cuisiné, poisson cru du matin, chevrettes de la rivière, poisson grillé et po'é de citrouille…de quoi résister à la maladie la plus redoutée aux Marquises: la faim!


mei retiré du feu


Après avoir cueilli plusieurs fruits de mei, on les cuit un quart d'heure puis on les retire  du feu en utilisant un outil local


épluchage


On les épluche avec soin


la cuisinière


Alors, la cuisinière passe au pilonnage des fruits


on ôte les noyaux


Le pilonnage est vigoureux après avoir retiré les noyaux; la cuisinière plonge régulièrement sa main dans l'eau pour éviter le collage


pilonnage2


l'esprit d'équipe


Tout celà est bien appétissant et on sait que dans ce village la nourriture locale est la base de l'alimentation; les marquisiens d'ici sont des experts pour la préparer…


 


Consultez aussi « les chefs de la tribu aux Marquises sur: http://oceanien.hautetfort.com/

Four marquisien

Lundi, mars 2nd, 2009

ouverture du four


Les anniversaires sont des fêtes importantes aux Marquises; Tuhatete a fait cuire un gros veau et deux porcs . Après une nuit de cuisson, on ouvre le four dans lequel ont cuit les deux porcs.


les plats sous les bananiers


la cage


La cage de cuisson est emportée loin du four pour la découpe


deux cochons


Un des cochons a été découpé avant la cuisson, l'autre a cuit entier…question de goût…


un cuisinier


tatouages et exotisme


Tous les convives ont des tatouages culturels…c'est la tradition ici…

Punupuatoro

Jeudi, janvier 15th, 2009

La cuisine aux marquises comporte beaucoup d'aliments crus. Il est exceptionnel de trouver une viande mijotée, un ragoût, un poisson cuit au four. La plupart du temps, le poisson est mangé cru ; le cochon et la chèvre sont cuits au barbecue ou au lait de coco. Les marquisiens n'aiment  pas vraiment cuisiner et n'ont aucune affection pour les desserts.



Tekua surveille la cuisson du mei


 Il y a des spécialités qui ont beaucoup de caractère : le fafaru, très connu en Polynésie, c'est du poisson cru très frais dans lequel on ajoute un jus fabriqué avec des têtes de poissons  et de crevettes que l'on a laissées macérer (pourrir)  un mois dans de l'eau de mer. L'odeur du fafaru rappelle un peu celle des toilettes d'une grande ville après une grève des services publics… Mais on me dit que noyé dans le lait de coco, le poisson n'a plus d’odeur et qu'on peut alors le déguster avec les doigts onctueux et visqueux à souhait. La recette ne dit pas comment on fait disparaître l'odeur sur les doigts après le repas ; j'ai essayé le savon, le sable, la bière, la lessive… sans résultat ; et que dire du parfum et du goût  du tendre baiser qui suivra…


On aime ou on n'aime pas ! Mais il est certain que ces plats sont des réalités culturelles.



Tuhatete prépare « l'ordinaire… »


Je suis beaucoup plus étonné par la passion, par l’amour et par la voracité que montrent mes amis avec le « punupuatoro ». Quand on n’habite pas la Polynésie,  on ignore complètement ce plat qui est une combinaison entre le mei (fruits de l'arbre à pain) et une boîte industrielle de boeuf cuit dans la graisse.



 Ne le dites pas trop fort, on pourrait rendre jaloux les chiens en leur faisant croire qu'on a dérobé leur « canigou ». Car c'est bien à ce niveau que je range ce plat célébrissime en Polynésie.



Tahiahoatapa mélange une boîte rouge et une verte (c'est un secret…)


Tous mes amis, y compris ma compagne, en raffolent… C'est difficile, pour moi, de me sentir incompétent, incompris…enfin…seul. Il me faut alors chercher quelques compensations dans un vulgaire plat de langoustes ou de crevettes… puisque je n'apprécie pas le « punupuatoro ».




 


En tout cas, à chaque occasion, c'est une partie de rire entre nous et puis…à l’armée, ne mangeait on pas dans les rations, la boîte de « singe » qui était le même produit.



On a bien fait rire les chevaux sauvages qui se roulèrent dans le sable pour se moquer des rigidités alimentaires d'un « blanc » qui ne voit pas la différence entre le boeuf en boîte rouge, le boeuf en boîte verte ; celui qui vient d'Australie et celui qui vient de Nouvelle-Zélande…


Piahi meika, la banane

Mardi, janvier 6th, 2009


Aux Marquises, la banane est un élément de base de l'alimentation. Alors qu'elle fait partie des desserts un peu partout, ici, elle est un légume. Généralement, les marquisiens n'aiment pas les desserts…c'est trop sucré!


On la fait cuire à l'eau ou, enveloppée dans une feuille de bananier, dans le four marquisien.



Dans un repas ordinaire, chacun en mange plusieurs (beaucoup trop!)



Il existe des recettes locales typiques, ainsi cette pâte brune est obtenue en râpant des bananes vertes que l'on fait cuire avec de l'amidon et du lait de coco. Le tout est ensuite  enveloppé dans des feuilles de bananier puis cuit de nouveau à la vapeur. Ces « piahi meika » se conservent longtemps (un mois); elles constituent l'alimentation de brousse; elles sont excellentes avec du poisson…cru bien sûr!


 


Le taro est très utilisé; il a un goût de châtaigne



Les porcelaines sont des coquillages…que l'on ne fait pas cuire…



mama et toe toe, l'aliment des « lendemains de fête… »



On utilise souvent la version « buffet »; les couteaux sont absents et on utilise les doigts et les dents pour « sectionner »



Chaque repas débute par une prière (très courte …moins de dix secondes…), on mange beaucoup…trop… et l'obésité est un problème grave avec le diabète .

Petit four marquisien en famille

Samedi, janvier 3rd, 2009

Au fond de votre jardin, après avoir cultivé « la courgette du chef » ou « le délice de l'escargot »…creusez un grand trou et faites-y un feu; ajoutez quelques pierres volcaniques genre « pierre ponce » et laissez chauffer. Pendant ce temps, découpez deux cochons (pour quinze personnes) et placez les morceaux de viande dans un grand casier métallique en intercalant des feuilles de bananier.


préparation ima enana


feuilles de bananier


Retirez les braises mais laissez les pierres chaudes et placez le casier dessus.


casier dans le four


Recouvrez le tout de feuilles de bananier puis de terre et allez prendre l'apéritif…


Deux ou trois heures plus tard, lorsque l'apéritif touche à sa fin, découvrez votre four; les cochons ont pris une belle couleur gourmande…


ouverture du four


ouverture suite


laissez-vous aller, un marquisien en bonne santé mange deux ou trois assiettes de cochon avec du kakù (purée du fruit de l'arbre à pain servi au lait de coco)


four


cochons cuits


Un bon petit vin rouge évitera les étouffements; et à ce sujet, je vous communique un affichage du début du siècle où vous trouverez des éléments pour redonner le goût à l'écolopharmacie…


 


affiche1900

Thon sashimi

Jeudi, décembre 11th, 2008


Pour apprécier la culture, il faut avoir le ventre plein. Aujourd'hui, l'article vous indiquera une recette très appréciée en Polynésie et aux Marquises : le poisson Sashimi.


Très facile à préparer, à condition d'avoir du poisson frais de bonne qualité : du thon blanc ou rouge (les autres espèces ne donnent pas un résultat aussi bon).


Un secret : la sauce huître utilisée pour préparer la sauce sashimi. On la trouve dans toutes les grandes surfaces au rayon exotique. Vous pouvez voir une photo du récipient dans lequel elle est vendue. C'est un produit extraordinaire que l'on peut aussi utiliser en faisant cuire des légumes.




Pour préparer la sauce sashimi, il faut mélanger la même quantité d'huile et de sauce huître. Un bon conseil, laisser le mélange une demi-heure au réfrigérateur avant de fouetter la sauce pour la faire monter comme une mayonnaise. C'est très facile à réussir.




Quant au poisson, laissez- le  une demi-heure au congélateur pour qu'il durcisse. Ensuite, coupez des tranches très fines que vous disposerez sur un lit de légumes crus râpés ou hachés. Voyez sur la photo comment procéder.



Le plat préparé peut attendre au frais ; le succès est garanti même pour des palais qui n'ont pas l'habitude de manger du poisson cru… Absolument cru !


Selon les goûts, on peut ajouter une pointe de ketchup dans la sauce, ou un peu d'ail haché très fin.


Le résultat est étonnant (pour les gens qui n'habitent pas la Polynésie car ici c'est un plat très courant).


Si vous ne trouvez pas de sauce huître, vous pouvez la remplacer par une sauce au soja mais le résultat est un peu moins bon.


N’utilisez surtout pas de citron, il cuit le poisson et lui enlève toute sa qualité.


Une variante très agréable consiste à prendre un tronçon de poisson de la grosseur d’une banane, et à le passer en le roulant une vingtaine de secondes dans une poêle huilée très chaude. Attention, il ne faut pas que l’épaisseur de la cuisson soit supérieure à 5mm. L e poisson doit rester cru à l’intérieur. On peut ensuite le découper en tranches très fines, sur lesquelles on répand de l’aneth haché très fin.


On le déguste ensuite avec la sauce sashimi.


Bon appétit et surtout ne faites pas cuire le thon ! Ce poisson est bourratif, une fois cuit alors qu’il est délicieux cru.


Il est fréquent d’ailleurs qu’on mange son cœur cru lorsqu’il vient d’être péché.