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Art marquisien à Tahiti

Jeudi, octobre 15th, 2009

parures de cou


Du 27 novembre au 6 décembre, les sculpteurs marquisiens vont présenter leurs réalisations à l'exposition de Pirae sur l'île de Tahiti. Une occasion pour assurer des revenus mais surtout un rendez-vous culturel. Dominique Kaiha, un sculpteur connu sur le blog se prépare et évite de vendre des pièces dont il aura besoin pour créer un ensemble de qualité.


Ua Pou et Tahuata sont les deux îles marquisiennes où l'on trouve les meilleurs sculpteurs sur os. Des bijoutiers créateurs dont le talent est aussi grand que l'exigence .


pique-cheveux


Aucune concession aux matériaux modernes, Dominique veut représenter le potentiel marquisien; une simple dérive avec l'utilisation de perles de culture des Tuamotu…les fruits de l'océan…


tiki-fémur


Le fémur humain a permis la réalisation de magnifiques « ivi poo »; presque introuvable actuellement, il est remplacé par celui des herbivores locaux…autres temps, autres matériaux…


symboles


Trois symboles : le casse tête (arme de défense et de chasse des « tupuna); le « ivi poo (bague pour une mêche de cheveux signe de vengeance; le reste du crâne est rasé); homme tel que le représentaient les tupuna.


pendentifs


Chacun de ces objets est réalisé à la main après une longue préparation de l'os; les acheteurs n'imaginent pas le temps et l'attention qu'il faut donner…on est proche de l'ivoire


vertèbres de requin


Vertèbres de requin, perles végétales, dents de cochons et bourre de coco tressée constituent les objets présentés


pendentifs-tikis


élégance tribale


collier sans tiki…incroyable! mais …cherchons bien…


ivi poo


Os et opercules en bois de santal

Mainmise du sculpteur

Samedi, août 29th, 2009

dos à lire


L'option artistique, dans tous les contextes humains, est un choix entre l'assimilation ou la révolte. L'incohérence a sa place pour produire « du caractère » au message; le « mauvais goût », terme des « bien-pensants », est une provocation …donc…un enfant de l'art


repos entre tikis


Et que la tiédeur du vent est douce entre deux tikis de cocotier


dans le dos


Le sculpteur a la mainmise sur les personnages de ses phantasmes. Au dos de Paetini, la « femme-fleur » intrigante, séduisante et si douce à caresser, il peut faire renaître Porter, son amant de six mois, capitaine de la flotte américaine, homme aux structures cubistes comme un militaire


visage de Porter


Lui qui pensait dominer les tribus locales avec ses hommes armés de fusils, va connaître la désillusion du vaincu lorsque ses hommes vont essuyer une défaite face aux « Taipis » armés seulement de frondes et casse-têtes mais très adaptés au combat dans la brousse


Paetini


La sculpture est-elle un art érotique qui permet de ne garder d'une femme que le velours de l'image et du contact. Paetini, femme aux quinze maris, était cheffesse d'une tribu où les « cris du soir » n'étaient pas que ceux de l'amour…


 

Insularité à Ua Pou

Lundi, février 23rd, 2009


Vivre dans une île, une « vraie », coupé du monde,même si internet diffuse les nouvelles couleurs d'un monde en évolution, c'est faire de soi « un être endémique »


Et dans un cadre social endémique, les sujets ont des préoccupations endémiques.


Un ami enseignant que j'interrogeais il y a peu, au sujet de l'évolution d'un enfant qui avait attiré mon attention m'affirma: »il a vraiment évolué, cette année! ». Je pensais donc que le garçon avait mis en place des compétences scolaires et sociales . Mais l'explication ajoutée me surprit: »il est devenu un excellent batteur de pahu (tambour), il a le rythme et montre des capacités vraiment importantes pour mener un groupe de haka »… 


Les projets de vie sont parfois très exotiques!…



L'insouciance est certainement une composante essentielle de la qualité de la vie, même si elle ne correspond pas aux besoins de la plupart des hommes. Pour être capable vivre en « ayant le temps »…,il faut dépasser les stéréotypes que notre éducation a installés.


Un marquisien me précisait, il y a deux jours : »la vie ici,  c'est la culture ». Elle crée l'activité, la rencontre et développe l'ambition intellectuelle.



Il est vrai que le cadre, agité seulement par les soubresauts des cocotiers qui se prélassent au soleil, n'est pas de nature à déranger les esprits. Plutôt que d'imaginer une unité de production dans ce lieu…on rêve d'un tiki en bois rouge autour duquel ondulent des fleurs et des danseuses.



La vie est balisée « d'illusions confortables », et les objectifs de la société moderne n'ont aucune chance de mobiliser les individus vers « l'emprisonnement comportemental »



Il arrive que les individus, passionnés par une activité comme la pirogue oublient la beauté des falaises qui les observent; l'ingratitude des « enfants gâtés »



Mais ce n'est pas mortel car au bout de la vallée, la laverie des péchés attends les ingrats, les menteurs, les gourmands, les jaloux…pour leur redonner la blancheur et la pureté des candidats au paradis 

Compositions artistiques

Mardi, janvier 6th, 2009

Décoration d'un pahu; la rencontre du père de cette sculpture fut l'occasion de parler de toutes les oeuvres anciennes qui ont été emportées par les navigateurs depuis deux siècles. Elles figurent dans les grands musées du globe (New York, Paris…etc) et sont protégées. Cependant, les artistes marquisiens et ceux qui se sentent orphelins de leur histoire voudraient bien les voir revenir sur le sol natal…

Nos discussions portent aussi sur le manque de respect accordé aux objets qui restent actuellement sur les sites et surtout les ossements; utilisés par la science, ils permettront de mieux connaître l'origine et la nature de ces peuples. Or,personne ne les protège et je les vois s'abîmer très rapidement. J'essaie, à chaque occasion, de mobiliser les gens concernés mais il reste beaucoup à faire pour changer les vues…

L'expression artistique change rapidement et on voit arriver des matériaux nouveaux (corail noir, nacre…); les composition sont plus élaborées et originales.

De véritables scènes sont crées

Les artistes montent des bijoux avec des métaux précieux (ce qui était impensable avant)

Mélange de vues

Jeudi, décembre 18th, 2008

 




 


L'art permet un mélange des formes, des couleurs et des genres … la rencontre heureuse des créatures, aussi atypiques  que leurs « créateurs », laisse penser que la différence est un remède contre le sectarisme et l'ennui…



Le tailleur de nacre puise dans la coquille de ces huîtres perlières les pigments de ses rêves.



Mille croix de nacre sont découpées pour porter « la bonne nouvelle »…ou plutôt…le bon souvenir!



Graines sculptées, os de boeuf et croix de nacre sont empalés sur une tresse de coco pour aller faire carrière entre les seins « cannelle » d'une rosière.



Et les cocotiers sifflent pour vénérer le tuhuka Erickh, voyageur venu du froid qui fit naître « Ua Pou two » d'un fragment de pierre fleurie. Le don du sculpteur lui permit de sentir la force des pierres du « tohua Mauia » (site ancien en brousse), la présence d'énergie lui indiqua le caractère particulier du lieu…


Les yeux du sculpteur

Samedi, décembre 6th, 2008


Le sculpteur contemple sa grande famille; dans la série « pilons », toute une déclinaison de minéraux dont les couleurs témoignent de la grande guerre qu'ont livrée, les volcans de Ua Pou.


Et que dire du toucher; la pierre polie au grain fin et la température phonolithique, donnent à l'objet la résonnance que le magicien espérait. Et peut-être que, comme au temps des « tupuna », un petit dieu malin et  turbulent viendra investir l'enfant.


 Bernard-l'hermite dissimulé dans la roche, il dérobera l'oeuvre du père et elle deviendra l'objet de craintes et de soumissions.



Des formes et des couleurs



Mate devant sa vierge sublime; mystificateur et taquin, il utilise le « miro » aux couleurs chaudes pour vous faire croire qu'elle est brune…


A bien y regarder, je lui trouve des reflets bleus…comme l'océan, bleus clairs comme les rêves…



Partir loin, au-delà de l'horizon, pour chercher une terre qui n'existe que dans les légendes; confier son destin à quelques morceaux de cocotiers en se fiant au bavardage des étoiles…



Les guerriers se préparent , chacun veut briller dans la course de pirogues et être accueilli au son du « pahu ». Il y a quinze ans,la voie marine était le seul moyen pour se rendre dans les vallées. Les jeunes qui voulaient découvrir le parfum du « kumu hei » de la vallée voisine,devaient emprunter les sentiers de brousse ou la pirogue. Il leur fallait ensuite éviter les  relents caractériels de leur ascendance tribale et les effets des breuvages maléfiques pour déjouer les pièges de leur nature guerrière.