















Depuis ce matin vers 10 heures, c'est à dire 2h30 après un séisme qui a tué aux Samoa, la Polynésie regarde l'océan comme on craint un danger…
2h30…c'est énorme à une époque où les communications avec la lune sont possibles…et comble…le réseau téléphonique, saturé ne fonctionne plus! la télévision est coupée…

L'Aranui, goélette nourricière est dans la baie de Taiohae, loin du quai, alors que nous attendons « la cinquième vague »

Les agents de sécurité ont des difficultés pour convaincre les passants qui traînent sur le bord de mer et refusent de quitter la zone dangereuse…
On constate à quel point tout est vulnérable et inadapté ici : une seule sirène qui a prévenu une seule fois…
Un individu s'attarde sur le quai et répond à la question: » mais que fais-tu là?
-j'attends le tsunami!… »
La vague semble beaucoup moins forte que prévu…mais gare à la vraie méchante qui un jour viendra…
A l'instant, au moment où j'écris ces mots, la sirène reprend…une vague? on verra!

Dernière nouvelle, le cabanon où nous avons passé un dimanche « taipi » dans la vallée de Houmi (voir les deux derniers articles)…a été emporté par le tsunami….ça reste drôle…!!!

Aujourd'hui,nous étions de l'autre côté de l'île!!

Chez les taipi, la vie , la culture et l'identité se dessinent; elles sont un patrimoine exclusif de l'individu ou de la tribu

Le tatouage ne tient pas compte des contextes sociaux rigides; ici, dans la vallée, le visage tatoué est apprécié…ailleurs…on s'en moque

Jusqu'où vont les tatouages…partout! me répond-elle…partout!


La composition comporte beaucoup de pétroglyphes classiques; ces pétroglyphes sont gravés sur les falaises de la vallée

Le tiki, représentation du dieu caractériel, est partout…l'intimité reste-t-elle possible avec des yeux qui suivent le couple et ses pulsions…jusque dans les nids d'amour?

Un arbre ….ou une erreur du tatoueur?…aujourd'hui, il ne finira pas au four
« A toi Germaine pour la vie »

Descendant des terribles guerriers « Taipi » , Avatini roule sa bosse sans chaussures, sans vêtements, sans selle mais avec un bonheur qui déborde…





A côté d'un pae pae de famille


Il faut un jeune requin pour le repas, chair et foie cru au lait de coco…délicieux!

Lorsque le véhicule a du caractère…

Changer de continent occasionne des effets étonnants …pour une oeuvre bien connue…

Loin du monde, ces artistes porteurs de la magie marquisienne réalise des oeuvres extraordinaires

Un style original ; Kaiha est un maître dans la fabrication des « pahu »

Il sculpte au couteau avec une adresse fabuleuse



Tchaikovsky créa une symphonie opus 49 pour tourner en dérision le « petit »…Napoléon
Est-ce la petite taille des légumes qui leur donne cette envie de briller…que de célèbres « petites » grandes légumes de par le monde …qui veulent laisser un souvenir dans « l'histoire »

Et ce respect, cette admiration que le peuple a pour les « petites » grandes légumes…

Attention président des petites grandes lègumes…tu finiras toi aussi à la casserole
Carla, fin de l'histoire, te conduira dans une cuvette… rien ne se perd mon cher…tout se transforme

Le libertarisme fait-il douter les robots ; un pilon s’envole et Timona, le sculpteur génial, l’homme libellule, le poète de la roche s’interroge…il n’y a pas de voleurs dans ma vallée, peut-être dans la vallée voisine ? Tanaoa, dieu des guerriers réveille-toi !

Timona me regarde , sourire et certitudes au programme…ici….une seule solution…le cerbère-tiki…une production très marquisienne…un ancien tiki dont le « mana » protègera mon troupeau.
Depuis sa décision …plus de problèmes, plus de voleurs…le tiki veille…

Tous les moutons suivent la route du tiki régulateur…vous doutez des pouvoirs des tikis ?
Timona m’assure : « l’infidélité…peut s’éviter avec les tikis médecins…les tikis flics… ! »
« oui…mais que dure la protection des tikis ?
Bien plus longtemps que le charme éphémère des humains…. »

(pour détailler cette dérive…Timona s’est fait voler un pilon…sacrilège à Ua Pou …il a installé un tiki pour garder la collection de ses enfants pierres…et depuis …le calme règne…dans la vallée et dans les rêves de l’homme libellule )

Au détour d'un tiaré, Tina épluche… »Micere tu viens manger une mangue? »
Heureux les hommes qui volent dans la brousse …
Concours Charles Trenet
Tous les ans, une sélection a lieu à Ua Pou, il faut choisir le chanteur qui représentera l’île à Tahiti pour le concours Charles Trenet. Un jury de spécialistes détermine les critères de sélection et choisit le lauréat. Air Tahiti lui offrira un vol vers Tahiti pour défendre les chances locales.
Cette année, trois candidats ont concouru.



Le vainqueur…il a de la personnalité, du culot et la fribre de l'artiste : « Qui a composé ta chanson? …c'est la nature »
Après les épreuves, Théo Sulpice, un chanteur professionnel célèbre en Polynésie, a offert un excellent récital aux accents marquisiens.

Le lendemain, les tikis de la brousse, qui sont sensibles aux échos de la culture marquisienne, ont guidé mes pas vers la piste de l’aéroport où Théo a pu, dans la tiédeur du matin, me parler de ses espoirs au sujet de la chanson et de la danse locale.
La création en Polynésie, me dit-il, est en panne…on crée de moins en moins ; la reconnaissance du droit de parternité de l’auteur est trop souvent oubliée, le service officiel du contrôle et de l’encouragement doit changer et prendre en compte tous les créateurs …même les petits !

Théo souhaite une planification et une régulation dans la gestion du patrimoine culturel local, une structure et une démarche, pour éviter la disparition des créateurs et redonner du souffle au vent de la poésie locale.
Théo, personnage de conviction, est une peinture vivante ; avec une stature de chef marquisien , des tatouages culturels et une chevelure noire de « tuhuka himene », il porte l’énergie de ceux qui veulent sauver la culture, la chanson, la danse et le rêve en Polynésie.
L’homme libellule, le poète de la pierre

La rencontre d’un sculpteur, c’est toujours un jeu intellectuel plein d’imprévu. Cela se passe un peu comme dans un bal populaire où la jeune fille, parée de ses armes de circonstance, devient une familière que l’on convoite, que l’on ignore ou que l’on rejette. Au premier regard, ses lèvres pulpeuses et rouges indiquent un véritable talent buccal …oratoire et littéraire…cela va de soi !
Le sculpteur, lorsqu’il dit son premier mot, est déjà assimilé à un profil. Les formes qu’il a entaillées, amputées et amoindries, pour les poncer, les lustrer et leur donner la vie, ont tôt fait de divulguer les fantasmes du père.

L’homme libellule, qui semble revenir de la guerre des étoiles, émerge d’un nuage de poussière. Son sourire et sa gentillesse évacuent rapidement les désagréments de la poudreuse pierre.
La petite maternité dans laquelle l’artiste choisit, coupe, taille et retaille les amours de pierre est pleine des élus…stars du poète, chouchoutes qu’il présente fièrement…plus loin…les restes des divorces et ruptures pierreuses.

Mais comme c’est souvent sous les jupes des filles que l’on trouve les étincelles de nos brasiers, on laissera la vitrine des stars sculptées pour glisser un regard sous la table et aux pieds des arbres. N’est-ce pas dans les poubelles d’une société que l’on apprend le plus de choses ?

Les amours passés chargés de blessures laissent souvent aux anciens amants, un souvenir ému …notre poète libellule est un tendre et tout tremblant, il prend une gamelle d’eau pour révéler, parmi ses anciennes conquêtes poussiéreuses et brisées, les fleurs que « par malheur », nous n’aurions pu discerner.

Et c’est un feu d’artifices…les gris et les sombres s’allument de couleurs et de fleurs…nous sommes alors des archéologues, des peintres, des artificiers…et des nostalgiques…



Les Marquises bénéficient d'un climat océanique-équatorial…autant dire que la température est élevée mais stabilisée par l'océan. On évolue entre 27 et 33 degrés (nuit et jour). La vie des habitants de cette serre naturelle se passe essentiellement à l'extérieur des habitations. On mange dehors, on installe la télévision sur la terrasse…et il n'est pas rare d'aller dormir …sur la pelouse!
L'environnement de la maison est agrémenté par les fruitiers, l'atelier, la machine à laver (il ne gèle jamais) et beaucoup de fleurs. Les marquisiens sont attachés à la beauté de leur terrain; ils ramassent les feuilles tous les soirs et même si certains éléments décoratifs sont un peu « rococo… », ils montrent que l'apparence du logis est aussi importante que celle des « vehine » et celle des tatouages du « toa »
Le régime de bananes est toujours présent (les régimes!)

La pêche passionne autant les femmes que les hommes et si en Europe certaines épouses se plaignent des absences de leur conjoint parti « à la chasse » ou « à la pêche »…le problème est différent ici car les « vehine » aiment taquiner le rouget.

Mafeau (on prononce Maféaou) qui connaît toutes les recettes de la culture marquisienne, est en train d'emballer des « piere » (bananes séchées) pour un client. On aperçoit, dans un sac plastique, les feuilles de bananier séchées qu'elle utilise pour confectionner une enveloppe végétale. Le résultat est excellent…un peu fort en calories…mais parfumé et si naturel.
A plus de 70ans, Mafeau part de nuit sur les rochers, une canne à pêche équipée de mouches pour attraper des papahus ou des rougets. « peur », « danger »…elle ne connaît pas.

Les bananes sèchent au soleil sur la butte derrière la maison; enfermées dans un grillage fin pour éviter les insectes
Mafeau sait utiliser les feuilles et les tiges de cocotier ou de pandanus pour la fabrication des chapeaux, des habits ou des corbeilles utilisées dans le four marquisien. Elle fabrique des médicaments traditionnels avec le pilon et le umete.

Excellente cuisinière capable de préparer des plats modernes, Mafeau reste attachée (et on la comprend) aux produits locaux. Elle épluche le manioc qui sera cuit puis écrasé au pilon avec des bananes et du lait de coco…un plat fabuleux pour accompagner le poisson cru.
