
La gestion de l'humour, aux Marquises, est une activité très exotique qui demande une approche éclairée du contexte local. Ici, le langage utilisé de façon économique est rarement ambigu…on va à l'essentiel et si un mot peut tout dire, pourquoi faire une phrase?
Cependant, avec le temps, en connaissant bien les « amis de l'océan », j'ai découvert chez eux, un réel plaisir à jongler avec les métaphores…
Un ami me racontait ce soir une conversation qu'il avait eu avec un « tiki » un peu prétentieux…celui-ci trouvait que sa femme ne faisait plus « l'affaire » et souhaitait prendre une maîtresse pour redonner du tonus à ses loisirs.
« pense à vehine E… »lui proposa l'ami…
« ah, pas du tout! elle n'est pas assez belle et a de grosses fesses! » répliqua tiki
Mon ami qui est un sage…me fit remarquer d'une voix pleine de regrets « il a dû se regarder dans un seau d'eau…plein d'eau et de boue…il lui faut un miroir… »

Les marquisiens aiment beaucoup les assemblages de matériaux…parfois un peu chargés. Les sculptures regorgent de visages de tikis qui émergent de la bouche et des oreilles d'un grand tiki père au centre de l'oeuvre. Le regard du visiteur se fait surprendre à chaque sinusoïde osseuse…normal dans un pays magique où les « vehine hae »(femmes méchantes fantômes) hantent la brousse et les vallées.
C'est ainsi qu'une femme m'a demandé de lui faire une grande dent de cochon en pierre fleurie (15cm) qu'elle veut fixer derrière son oreille en passant une chaîne devant pour stabiliser le menhir auriculaire…impressionnant!…non?

La sale bête! Ici, pas de serpents mais des cent-pieds…pas dangereux mais qui vous plantent leurs deux crochets de 1,5 cm dans la peau et c'est très douloureux…
La situation la plus surprenante…c'est quand ils montent sur le haut de la porte et se laissent tomber dans votre cou pour épingler votre chair au moment où vous venez de trouver les clés …

Ils aiment bien monter dans les lits, sont rapides et agressifs.