Archive for janvier, 2009

Look marquisien

Samedi, janvier 31st, 2009

Les fleurs et les colliers occupent une place incontournable aux Marquises; c'est ainsi que l'on rencontre un maçon au travail, truelle à la main, tatouage au bras et…couronne de fleurs fraîches au chapeau…


maçon et fleurs


et son manoeuvre avec un énorme collier de dents de cochon au cou


collier


dents de cochon


Pour les dames, à la recherche de raffinements, Dominique se décarcasse avec des fémurs de boeuf sauvage…les os humains sont rares maintenant…(la mode change…)


Le signe de la main est très « dans le vent »


sculpteur


La façon de travailler se modernise et les motifs sculptés prennent de la liberté avec les stéréotypes du passé; on découvre la dissymétrie et le pouvoir de séduction des bijoux… »Nos bijoux doivent se porter partout dans le monde …plus seulement dans les « mea'e » ou dans la brousse… et une fermeture en argent ou en or remplacera avantageusement la tresse de coco ».


sculpture sur os


Le cri des guerriers est souvent moins efficace que le regard troublant des belles et les bijoux, nouvelles armes du charme sont choisis aussi soigneusement que les fleurs aphrodisiaques qui les accompagneront…(car de ce côté-là, les femmes marquisiennes sont redoutables…)


collier sculpté


l'utilisation de la fraise fine


ponçage collier


Il reste quand même les symboles de la culture et les tikis n'ont pas dit leur dernier mot…tiki os

Au crayon

Vendredi, janvier 30th, 2009

tuhuka o'oko


Tuhuka o'oko (grand maître) de Taiohae; il était le spécialiste de la généalogie, des légendes et des savoirs…la mémoire de la tribu


femmes marquisiennes


Quand un bateau arrivait, les femmes nageaient derrière les pirogues et si la permission leur était donnée, montaient à bord…le plus vieux métier du monde…


femmes et voyageurs


Les femmes furent « le souvenir inoubliable » que gardèrent les marins ayant visité le pays (Radiguet)


portrait Marius Marcel


Ce portrait et les deux dessins suivants, ont été réalisés par un artiste étonnant. Agriculteur, aventurier et peintre, Marcel Roustan dit « Marcel Marius » vendit tous ses biens de France (Hautes-Alpes) pour venir s'installer en Polynésie. Il fit « plongeur de nacre », « chercheur d'ambre », éleveur …et gagna même le tour cycliste de Tahiti en 1963!


tiki Marcel Marius


Il fut émerveillé par la beauté des Marquises (îles et femmes…)


arrivée aux Marquises


Vision naïve lors de l'arrivée aux Marquises


tatouages


Les dessins qui donnaient le pouvoir

Personnages historiques

Mercredi, janvier 28th, 2009


Tainai, chef de Vaitahu


A Tahuata,en septembre 1797,  le tau'a Manuehuma venait de mourir. Les vieilles femmes nues dansaient le heva sur le « pae pae ». Tout le monde savait que la terreur allait se répandre sur l'île. Tainai allait venir  « pêcher » des hommes. La nuit qui suivit, Tainai partit en pirogue avec des banderoles blanches comme pour chasser la tortue. Sur l'avant de sa pirogue étaient alignés des crânes d'hommes capturés dans d'autres pêches.



Au matin, ils étaient de retour et avaient capturé quatre victimes; trois hommes et une femme de la tribu des « Pikina »


Ils jetèrent sur la berge les quatres corps attachés par les mains et par les pieds à une perche. Dans leur bouche, ils avaient mis un gros  « metau » (hameçon) et ils avaient enduit leurs corps de peinture rouge.


Deux d'entre eux furent mis au four pour le repas des « tau'a »; les deux autres furent pendus sur le « mea'e »



En novembre, Taina et son frère repartirent à la pêche et capturèrent quatorze hommes et femmes; ils les rapportèrent vivants et ils furent mangés ou troqués contre des biens…Lorsque Tainai revenait de la pêche, il chantait le « ako vaka » en fixant ses « poissons…



Une représentation de la sanguinaire « Vaekehu » par Pierre  Loti



lithographie de Lebreton


La cheffesse Paetini, elle avait quinze maris et fut la compagne de Porter, un capitaine américain pendant plusieurs mois



Paetini vue par Porter



Scène de deuil; funérailles de Niehitu oncle et tuteur de Temoana (fameux chef de Nuku Hiva)

Askoy, le voilier de Jacques Brel

Lundi, janvier 26th, 2009

Un matin de novembre 1975, Askoy, le voilier de Brel entre dans la baie de Hiva Oa. La gendarmerie maritime se dirige vers lui et un quart d'heure plus tard revient demander à Marc Bastard, un professeur de maths à Sainte Anne d'accepter de rejoindre « le chanteur » sur son voilier pour lui donner des renseignements sur l'île. Brel voyage avec Madly et l'échange sympathique avec Marc Bastard va créer une amitié entre les personnages.


Marc Bastard raconte: »Ils étaient partis huit mois plus tôt d' Anvers et arrivaient aux Marquises après plusieurs escales »


Le surlendemain, Brel croisait Bastard et lui annonçait: » Finalement nous restons ici. Le pays est beau, les habitants agréables, et Dieu merci, ils ne me connaissent pas! ». Il voulait redevenir un homme comme tout le monde , il avait été opéré d'un cancer, une partie du poumon droit lui avait été enlevée.



« Il me reste peu de temps » confia-t-il.



L'épave de Askoy qui termina sa carrière ensablé sur une plage de Nouvelle Zélande (il fut ensuite ramené en Belgique pour être restauré)


Il avait choisi de s'installer à terre avec Madly, à flanc de colline au dessus de Atuona



Sa maison qui a été restaurée plusieurs fois à cause des termites


Il envisageait la mort à court terme avec une sérénité ironique…Il remplaça Askoy par un avion « Jojo » pour pouvoir circuler entre les îles. Il devait un dernier disque à la firme BARCLAY et le travaillait régulièrement



Une affiche du musée Brel à Atuona


Il aimait beaucoup la cuisine et partait régulièrement à Tahiti faire des courses car les magasins de Atuona étaient peu pourvus



Baie de Hiva Oa



Vue de chez Brel


Il offrit à son ami Bastard, un poulet à la Neva, entièrement désossé et reconstitué par lui-même. Il lui confia, qu'au début des années 50, il vécut pendant des semaines comme un semi-clochard à Paris entre les engagements mal payés…



Il était très généreux et avec Madly, organisait des goûters pour les petits élèves de l'école des soeurs. Comme les distractions étaient rares à Hiva Oa, ils entreprirent de monter un spectacle de variétés avec des danses à la mode, des sketches et des saynètes…à Hiva Oa, on en parle encore. Il convainquit le maire de faire construire une salle de projection et avec ses relations obtint des films. Il proposa aux habitants de Fatu Hiva, qui ne recevaient jamais de courrier: « envoyez vos lettres par la goelette, je vous parachuterai les réponses »



Henriette, une fille souffrant de troubles graves de la vue, fut évacuée sur Paris et ne vit que l'ombre de la tour Eiffel avant de devenir aveugle; son souhait de rencontrer Brel fut réalisé un après midi et le chanteur lui joua ses dernières chansons dont « aux Marquises »…et de grosses larmes coulèrent…



La dernière rencontre de Marc Bastard avec Jacques Brel eut lieu deux mois avant la mort du chanteur. Assis sur sa terrasse, il lisait un ouvrage à côté de Madly.


« C'est bien ton bouquin?


- »changer la mort » du professeur Schwartzenberg…tu vois, j'apprends à mourir!



Madly, sur la tombe de Jacques

Histoire d'une pierre fleurie

Samedi, janvier 24th, 2009

Les sculpteurs des Marquises m'ont tous réservé un accueil chaleureux et riche en émotions. J'ai découvert le message du toucher; le langage de la pierre qui communique par le velours de sa surface et qui invite par la température étrange de sa masse…Et peu à peu des virus ont circulé…toutes ces pierres, tous ces galets qui conversent sur la plage ou qui s'écroulent dans les reliefs ont généré un intérêt dépassant la simple curiosité.


Quelques essais basés sur des objets admirés dans des galeries ont permi la première étape de la phase « école »; ils ont engendré un regard critique pour le choix des supports à travailler.


 


Une modeste réalisation pour laquelle il a fallu tailler, poncer…utiliser des pansements à cause des blessures causées…


Mais l'envie de vibrer, de connaître la jouissance que produit « la femme fatale »…ne pouvait venir ici, que de la pierre fleurie. La reine des roches, onctueuse et veloutée mais imprévisible et cassante…occupait depuis quelques temps mes désirs…


 


Tahiahoatapu qui exploite les fruits dans une vallée où les esprits des anciens gémissent la nuit et troublent l'eau des ruisseaux, me fit découvrir la « reine »…


Comme dans tous les contes pour enfants, elle apparut grise, banale, informe, vulgaire, mais sur les conseils de Tahia, on versa un peu d'eau et la magie se produisit



Sous la couleur terne se dissimulait le brun « silex » parsemé de fleurs jaunes



De retour, je décidais une exploration de la structure de la pierre. Originaire d'une vallée dont les habitants avaient fui pour ne pas être massacrés pendant que les « pahu » tapaient fort pour tromper l'agresseur, elle devait avoir les cicatrices du drame et je me sentais motivé pour les trouver …ou les imaginer



A chaque étape, une longue observation permettait d'envahir la masse de la reine



Puis d'autres gestes prolongeaient la découverte



La reine a pris des visages…fleuris…encastrés dans les différents plans



Elle est un peu de la vallée perdue… dans ma vie



Elle a des yeux partout pour mieux écouter mes mensonges



et un profil féminin pour…me rappeler à la raison

Plantation aux Marquises

Vendredi, janvier 23rd, 2009


En ce moment, c'est la saison des fruits aux Marquises; janvier, comme les onze autres mois de l'année produit une avalanche d'oranges, pamplemousses, mangues etc…Les oranges sont rarement de la couleur « orange » car les nuits sont chaudes ici et il faut de la fraîcheur pour qu'elles prennent leur couleur habituelle; elles restent souvent vertes de peau mais sont très sucrées et « orange » à l'intérieur.



Les pamplemousses sont très gros et excellents; on les mange plutôt verts



Certaines variétés de citrons sont utilisées pour leur parfum



On fait des rencontres bien sympathiques ; on constate une nouvelle fois que les animaux sont attachants même s'ils sont attachés…



Les planteurs dorment à côté de leurs arbres; c'est très agréable dans un pays où il fait toujours chaud. Les seules visites désagréables sont celles des « cent-pieds »!



Au milieu du verger, un « pae pae » particulier; il servait à la momification des défunts…on m'a rassuré « il a été béni…il n'y a pas longtemps… » Dans ces lieux, on a vite fait de rencontrer une « dame transparente… »



Et juste à côté, le « pae pae » d'habitation…une question me vient: « les odeurs…ça devait être redoutable… »

Le noni et le coprah

Jeudi, janvier 22nd, 2009

L'économie d'une petite île comme Ua Pou, perdue dans l'océan pacifique, un rocher loin de tout avec un climat équatorial et un éloignement qui rend tout acheminement ruineux…c'est un problème!


L'océan est une source de nourriture importante; la culture aussi avec des fruits de qualité, du taro, du manioc et de plus en plus de légumes. Mais si loin de tout, ces produits sont consommés sur place.


Ce qui manque le plus, ce sont les sources de revenus et les devises, les commerces, les petites industries etc…Longtemps, les habitants de l'île ont vendu le coprah…ou plus souvent « échangé » ce produit de la noix de coco. Des goelettes arrivaient, sortes de bateaux-magasins, et les gens trouvaient les produits qui leur manquaient et ils payaient avec du coprah.



Du coprah en train de sécher sur la route


Les cocoteraies étaient entretenues; de jeunes cocotiers remplaçaient régulièrement les vieux peu productifs. Puis est venu le temps du « noni ». Cette plante médicinale était déjà très utilisée par les anciens. Elle est réputée soigner bon nombre de problèmes de santé; du diabète au cholestérol en passant par les infections…enfin …le remède -miracle!


On dit d'elle que ses fruits sont aphrodisiaques…qu'elle réveille les couples somnolents..


Une entreprise américaine a décidé d'acheter toute la production de l'île car ses nonis sont, paraît-il, de qualité exceptionnelle. On a donc connu la période des vaches grasses et beaucoup de familles ont planté, récolté, vendu, acheté à crédit…et oublié le coprah…



La récolte des nonis à la main



une grande plantation



le séchage des nonis avant la mise en fûts sous forme de pâte pour l'exportation



un jeune exploitant à côté des fûts


Mais un problème subsitait: un seul produit acheté par un seul client, à un prix trois fois supérieur à celui pratiqué dans d'autres pays…


Actuellement, la production (trop chère)intéresse moins l'acheteur et beaucoup de plantations sont abandonnées, beaucoup de crédits deviennent difficiles et le coprah revient en force (savons, lait de toilette etc…)



 


En traversant ce petit village, j'ai slalomé entre les séchages de coprah…


La revanche de la tradition  …mais dans toutes les maisons, un sac de nonis fermente et le jus noir comme du café soigne toujours les convaincus.

Marquisien, homme de la mer

Lundi, janvier 19th, 2009


Marquisien, tu viens de la mer; dans ta pirogue, tu tournes les yeux vers l'horizon d'où sont venus tes ancêtres…Comme sur cette peinture, ils ont vu les récifs noirs hérissés de pointes, les piliers de la maison des Dieux: Ua Pou


« Mea oko te tai », la mer est forte, ou l'océan a ses humeurs…puis le lendemain, avec un peu de compassion pour « l'immense »… »mea mate te tai », la mer est malade ou la mer est morte…et comme tu n'es pas sans ressort, tu ajoutes « allons la voler, la piller! » et immédiatement tu te lances dans la quête des coquillages, langoustes et autres oursins.



Mais, regarde bien le piège…ce passage aisé à franchir, te laisse sur tes gardes…un certain temps…toi, le guerrier froid et solide… mais comme une femme folle de désir, la mer te prépare un assaut aussi imprévisible que violent. Ses lames prennent la forme de bras pour t'enlacer avec surprise et t'emporter « dans le grand lit »


Plusieurs de nos amis n'ont pu résister à ses élans, ils ont disparu sous la falaise et même deux « vehine de l'île » ont, il y a queques semaines,  flirté deux heures avec les ondulations de l'océan, blessées, perdant leur sang mais un jour où heureusement, les requins étaient absents!



Ne te fie pas aux blennies, ces poissons qui sucent les roches et fuient à toute queue, à la surface de l'eau sans plonger…depuis la traversée de la Mer Rouge…les hommes n'ont toujours pas compris comment courir sur l'eau…



Du reste, à bien y regarder, il y en a deux qui n'ont même pas bougé en te voyant



Les roches noires qui résident dans cette partie de l'océan, viennent de très loin, du centre de la terre…on dit qu'elles auraient éprouvé une grosse pulsion volcanique afin d'être expulsées par un long conduit brandi verticalement mais qu'ensuite, la fièvre serait retombée « su-bitement » et c'est pour cela, que leur épiderme chaud et luisant de la sueur du ventre (de la terre) se serait craquelé pour le plus grand plaisir des géologues.



Alors, avant de te lancer dans la cueillette des plaisirs de la bouche (entre autre), pèse toujours les risques, choisis selon ton désir…mais ne te laisse pas endormir par le chant de la « sirène »



Ou alors, prends ta vieille guimbarde et « fiche le camp »…sans écouter ton ventre qui grogne, tes mains qui tremblent et tes rêves qui font une dernière tentative pour te faire revenir



Parce que vois-tu, mon cher guerrier, la mer est belle, désirable et pleine de promesses, mais tu pourrais parfois oublier que sous le velours de sa séduction se cachent des dangers imprévisibles et mortels…


 

En vrac

Dimanche, janvier 18th, 2009


Tina, une de nos amies, a reconstruit sa maison en aluminium et en pierre: le meilleur moyen pour affamer les terribles termites…! Elle nous explique le plus simplement du monde: « je n'ai pas encore choisi le style de mes fenêtres…je crois que je vais attendre l'an prochain pour en poser! »; un choix qui n'est possible que sous des cieux cléments et en l'absence de voleurs… »le bonheur de cette île! »



Les neveux de Tuhatete reviennent de la brousse avec un cochon sauvage; c'est celui de gauche qui a chassé l'animal avec ses chiens et un couteau…



La photo de l'équipe gagnante



Nos amies les chèvres ressemblent à des chamois



Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés…



Les tikis s'installent en famille…c'est bien fait, décoratif (le nez du tiki-enfant de droite est un peu …grand…)…mais n'a rien à voir avec les dieux de pierre pour lesquels beaucoup de victimes versèrent leur sang. Il est vrai que le lieu va servir de marché pour négocier le poisson et la viande… »d'animaux »…pauvres bêtes!

Hakahau, le port

Samedi, janvier 17th, 2009

Habituellement, le côté « Est » de l'île, est face au vent; l'océan y est agité et les poissons sont peu inquiétés par les pêcheurs qui hésitent à plonger dans la houle. En ce moment, c'est « l'Ouest  » qui remue et l'Est voit un océan d'huile, une mer morte propice à la plongée. Ainsi, les pêcheurs des vallées habituellement calmes remontent-ils plonger vers Hakahau. C'est tout un spectacle car, ces As de la vie océane, partent comme leurs ancêtres en bateau avec les produits alimentaires de la vallée pour casser la croûte. Leurs engins de pêche, très adaptés sont faits de bric et de broc. Leur soif de liberté assure qu'un niveau de risque très « marquisien » est de mise!



avec ce petit bateau, il est prêt à partir loin au large



Ces pêcheurs, carbonisés par le soleil, profitent des douches modernes du port pour se dessaler et se rafraîchir un peu



La visite de leur matériel montre un fût équipé de bouées qu'ils traînent avec eux pendant la plongée et dans lequel ils placent les prises; une cuvette de « popoï » (purée fermentée de fruits de l'arbre à pain) qui se mange avec les doigts en accompagnant un poisson cru juste pêché; une grande glacière pour la conservation du poisson



La pêche est bonne (plusieurs dizaines de kg); on voit des mérous, des perroquets, des rougets et des chirurgiens. Il faut savoir choisir son coin de pêche car certaines baies ont du corail et les poissons empoisonnés sont fréquents



Pendant ce temps, on restaure le « bonitier »; ce bateau de pêche est le seul ici, qui puisse évacuer au sec un blessé…le cordon avec la vie



Quatre voiliers dorment dans la baie; des voileux qui font le tour du monde. On rencontre fréquemment ces voyageurs qui viennent d'Europe ou du Canada en passant par Panama et les Galapagos; les Marquises sont leur première escale après bien des jours de mer.