Archive for décembre, 2008

Pillage des sites

Lundi, décembre 29th, 2008


Représentation faisant partie de l'arsenal d'outils naifs destinés à remplacer la vision tribale par les parfums de « sainteté »



Sculpté par un artiste local (marquisien), ce tableau très « occidental » laisse imaginer la rigidité intellectuelle ayant régenté les gestes du sculpteur 



Ce petit bac en pierre taillé très ancien fait partie des objets pillés sur les « pae pae » des ancêtres marquisiens afin de construire et décorer l'église locale. Le bon goût a un peu dérapé lorsqu'il a autorisé la mise en place d'un robinet…



Cette pierre à polir, objet provenant d'un lieu de fabrication des outils des « tupuna » a entendu les chants des « vehine » et le son des « pahu »…recyclée en balise de stationnement autour de l'église elle fait partie du « butin irrespectueux »



Mais cette statue, qui n'a rien d'authentique, vient nous rappeler qu'ici, on aime les tikis qui ont un grand…front.


 

Crèche de Noël sculptée à Nuku Hiva

Dimanche, décembre 28th, 2008


Au pays des sculpteurs, la crèche de Noël est réalisée à partir des bois précieux qui poussent dans l'île. Le miro (bois de rose) et le tou (plus sombre et veiné) sont utilisés pour les personnages de la scène. Plusieurs sculpteurs ont participé à la création et on distingue nettement les différents styles. Fleurs naturelles et végétaux odoriférents occupent la place et interdisent toute intrusion de plastique et autres matériaux détestables…



Joseph, pièce unique réalisée en tou



Marie en tou



Jésus en miro entouré de tiaré



Un des bergers; le style est différent



Un autre berger surveillé par un saint qui a des accents très marquisiens



Les symboles restent classiques



La porte d'entrée, de l'église de Taiohae, avec l'océan en fond.

Les produits de l'océan aux Marquises

Samedi, décembre 27th, 2008


Cette jeune marquisienne est sur une plage déserte avec son enfant pendant que le père plonge le long des récifs pour remplir sa pirogue de « hatuke » (oursins crayons). Avec une pleine pirogue de hatuke, elle pourra remplir une bouteille d'un litre et demi d'oeufs qui seront vendus pour payer le sucre, l'huile, la farine et le tabac de la maison.



A l'occasion des fêtes, les hatuke sont vendus au détail



On ajoute quelques morceaux de « pu » (murex), un coquillage qui se pêche en plongée (vers 20m de fond…il faut le gagner…!). Ce coquillage magnifique, qui vous sera présenté plus tard, mesure une quinzaine de centimètres et se mange cru.



Si vous préférez le poisson, essayez le requin cru… c'est délicieux



ou le poisson-volant grillé; cet après-midi, nous avons fait la traversée entre Ua Pou et Nuku Hiva (50km) et nous en avons fait voler des centaines…



bien sûr, il y a les plaisirs classiques comme la langouste…mais c'est très banal! à moins de les manger crues trempées dans de l'eau de mer glacée avec du pain de seigle beurré et un filet de citron…un vin blanc sec est recommandé pour rendre le plat exceptionnel…



Et la grande classe, le nectar…c'est le varo…sorte de mante religieuse de mer au goût délicat et sucré, que l'on saisit au beurre…(il fait oublier la langouste…)

Paysages marquisiens

Vendredi, décembre 26th, 2008


Bord de mer à Hakamoui sur l'île de Ua Pou; cette vallée était très habitée il y a deux siècles. La mer y est toujours forte (face au vent). C'était un avantage qui apportait de la sécurité à une époque où les tribus cherchaient régulièrement des victimes à sacrifier. L'accostage mettait en danger les agresseurs en les empêchant de repartir. Ils devenaient parfois victimes eux-mêmes.



Intérieur de l'île de Ua Pou, végétation classique



Enorme banian situé sur un pae pae; cet arbre devenait parfois un « meae » (endroit tabou) lorsqu'on y cachait des crânes et os de membres de la tribu (Nuku Hiva)



Les pandanus sont très fréquents aux Marquises; leurs feuilles sont utilisées pour les toitures des constructions ainsi que pour la fabrication des chapeaux et des paniers.



Vallée encaissée dont les falaises regorgent de grottes funéraires (Nuku Hiva)



Hooumi, baie longue et encaissée qui fut dominée par la redoutable tribu des « taipi » (Nuku Hiva)



Tiki à Fatu Hiva

Les reliques aux Marquises

Jeudi, décembre 25th, 2008

 


Face à la mort, les marquisiens se montrent très fatalistes; il n'est pas question de gémir. Leurs ancêtres se préparaient longtemps à cette situation, faisant construire leur cercueil de leur vivant et l'essayant régulièrement. Comme nous l'avons vu dans un précédent billet, ce cercueil était entreposé dans la maison d'habitation. Ensuite, après la momification du défunt, des os étaient utilisés pour faire des objets chargés de magie, de pouvoir. Cette habitude n'a pas été oubliée mais si les objets fabriqués en os humains font partie de l'histoire, la charge magique qui auréole ce concept est toujours d'actualité. Une histoire qui date d'aujourd'hui m'a appris qu'un habitant de l'île ayant été opéré d'un os, a souhaité utilisé le fragment retiré dans l'opération, pour en faire un pendentif sculpté et l'offrir à l'un de ses proches…et ce cas n'est pas unique…


Imaginons et admirons les objets qui pourraient résulter d'une conservation des reliques de nos amis très chers…



La tête d'un os long devenue figurine



Des segments d'os en pique-cheveux



Une rotule devenue pendantif



Une omoplate taillée en signe astral…marquisien bien sûr!



Un radius devenu porte-bougie



Les vertèbres arthrosées en becs de perroquets de « grande tante » devenues « chevalières-tikis »



Et tout cela pour écarter les mauvais génies qui vous promettent l'enfer ou le paradis…

Tortues et geckos

Mercredi, décembre 24th, 2008


Le gecko est un lézard aux pattes poilues. Il se promène sur les murs et au plafond des maisons. On en trouve des dizaines dans chaque habitation. Utile puisqu'il se nourrit d'insectes, il salit les murs et se montre bruyant la nuit. Il fait le bonheur des chats qui s'en régalent. On peut aussi le trouver tatoué sur les épaules ou les reins des « vehine ».


Ces animaux sont arrivés aux Marquises en dérivant sur des troncs.



La tortue, depuis longtemps appréciée des marquisiens. Elle était offerte et représentait un cadeau de valeur.On la trouve représentée sur les pétroglyphes des ïles. Se nourrissant de méduses, elle avale les sacs plastiques qui dérivent et meurt étouffée. Actuellement, elle est protégée.





Ua Pou aux couleurs de Gauguin

Lundi, décembre 22nd, 2008


Aux Marquises, on croise des tableaux de Gauguin tous les jours. Le génie des couleurs n'a eu qu'à cueillir les images qui fleurissaient autour de lui.



 


Rien n'a changé, les marquisiens aiment la couleur, la musique et les fleurs et lorsqu'on vit longtemps avec eux, on oublie le charme de la grisaille, le doux chant des embouteillages et des foules, les plaisirs du stress et les senteurs enchanteresses de la rigueur et des règlements…



Les colliers, les couronnes, les sculptures et les parfums sont indispensables à la santé de la société



Ua Pou, l'île des artistes…les plus réputés des Marquises…dit-on…



Les jeunes filles sont très attachées à leur élégance et ici, l'une d'elle présente un collier réalisé par son père



Le rire et la musique surgissent à tout moment avec les « kaioi »; Moana, danseur, tatoueur et musicien maintient les accents traditionnels.



La voiture est une aventure très récente et nombreux sont ceux qui évitent la pollution, surtout dans les vallées.



Le couvre-chef est très prisé par les « vehine », de pandanus ou de coco.



La parade est partout, à l'image de la coquetterie des marquisiennes



Et les graines nombreuses et colorées sont abondantes dans la brousse



Les artistes ont de la personnalité



Les plumes de coq deviennent des pique-cheveux



Les plats à fruits indiquent le sens du vent…



La pierre fleurie se marie à l'os



Et la beauté éphémère triomphe partout

Concours de pirogues marquisiennes

Dimanche, décembre 21st, 2008

Le concours touche à sa fin, les artisans des différentes tribus ont réalisé des prouesses. Ces pirogues seront vendues au profit d'une association et elles iront à la pêche…

La voile est en tapa (bois battu)

La finition est parfaite…quelques heures de travail…

Ua Pou, l'île aux femmes…

Samedi, décembre 20th, 2008


L'île de Ua Pou a longtemps été surnommée « l'île aux femmes », l'île des « voleuses d'hommes »



Un de mes collègues, venu en célibataire, a donc voulu vérifier si la promesse de finir victime, las d'amour et de plaisir , dans les bras d'une douce « vehine » était une réalité…



Il a donc laissé fenêtres et porte ouvertes toutes les nuits




Les visites ont été nombreuses et envahissantes, sous la forme de moustiques, chats et lézards



Face à ce boycott de la part des charmantes, notre célibataire chercha à comprendre



comment devait être l'appât et le piège



qui capturerait les sirènes tant convoitées



Longtemps, notre loup resta bredouille…



et un jour, il découvrit le secret des femmes de Ua Pou, des « voleuses d'hommes »



Maintenant, il est comblé…de bonheur, de charme, d'amour…


J'ai, grâce à l'amitié qui me liait à ce « chasseur-victime » des terribles « voleuses d'hommes », compris les raisons de cette réussite…


Notre Dom Juan s'était montré sympathique, drôle, séducteur, ennemi de la jalousie…!


(les colliers des « voleuses d'hommes » ont été réalisés en os, corail noir, bois de santal, bois de rose et pierres fleuries, par les artistes des vallées)

Le murmure des symboles

Vendredi, décembre 19th, 2008



Rui, habitant de Taipivai et descendant de Taipi, utilise régulièrement le cheval pour visiter ses terres avec son beau frère Tuhatete. Amateur de cochons sauvages et éclairé sur les techniques de chasse de « l’animal vénéré », il  arbore un grand collier de dents de « puaka » lorsqu’il part en quête d’émotions porcines. Ce lundi pourtant, l’animal énorme (200kg environ) était au rendez-vous mais, le succès bouda nos deux Tartarins. La magie du collier, noyée dans les vapeurs de la dernière ondée, leur permit tout juste d’apercevoir le cochon moqueur. Adieu gigot, côtelettes et saucisses …




Au bout du sentier, en haut de la montagne…en pleine liberté…


 


Le « ae kaki »symbole assez récent,  est disposé sur les hauteurs d’une falaise face au vent « chargé de diffuser la désobéissance ». Représenté sur le tronc d’un arbre(symbole des bases traditionnelles) au départ d’une arborescence sectionnée (prolongation du respect séculaire avortée), il représente le « regard nouveau ». Et le nombre d’éléments utilisés est en lui-même, une provocation…, sachant que le nombre sept, porteur de la magie, de la guérison et de la paix dans la tradition marquisienne,  a été volontairement évité…



Quand les tags marquisiens portent le souffle de la contestation…



Et les tikis faussaires se gaussent