
Les tikis sont la représentation matérielle des esprits et des dieux. Même le sculpteur qui réalise un tiki voit son oeuvre lui échapper et devenir une entité au service des forces magiques. À la suite de cérémonies, parfois redoutables, le tiki prend possession d'un pouvoir et devient l'objet d'une vénération et d'une crainte. Mais sans ce pouvoir, la matérialité serait orpheline et sans saveur.

Les êtres humains sont toujours à la recherche de sensations et de sentiments qui échappent à la logique. Parfois ils tombent amoureux, envahis de bonheur et de crainte dans un espace où le rêve remplace totalement la raison ; ou bien ils découvrent la foi, conviction absolue qu'aucun raisonnement ne peut valider et encore moins invalider. En tout cas, ils vibrent en toute incohérence, mais que c’est bon !
La société marquisienne, très imprégnée de son passé culturel, très dépendante de ses superstitions se doit de lutter pour que la tradition avec ses couleurs poétiques résiste et ne se dilue pas avec le temps dans une société moderne qui ne satisfait personne.

À se promener dans les sites anciens, à écouter les murmures de la brousse en contemplant les restes d'un passé récent, on entend facilement les ricanements des tikis, on sent les vibrations qui montent du pae pae pour certifier que les esprits des anciens sont toujours là que tout serait bien triste sans leur présence.
Sont-ils présents dans les pierres ou sont-ils le fruit d'une divagation de l'esprit qui succombe au charme de l'ambiance locale. Peu importe, ressentir c’est vivre…










































