Archive for juin, 2008

La séduction aux Marquises

Lundi, juin 30th, 2008

Tous les moyens sont bons pour séduire et envoûter l'être désiré. Au pays des fleurs et des fruits,  les senteurs et potions enivrantes occupent une place importante dans l'arsenal de la femme fatale. Ainsi, le kumu hei, bouquet de fleurs de tiaré et de ylang-ylang parfumé au santal,au gingembre, à l'ananas et au monoï est couramment utilisé pour convaincre l'amour souhaité. La séductrice se fait confectionner une couronne qui portée sur la tête crée l'ambiance propice.

En secret, on m'a précisé que ce n'était pas toujours "sur la tête" que les séductrices plaçaient le kumu hei…histoire de surprendre…

Chefs de danse

Dimanche, juin 29th, 2008


Préparation du spectacle par les chefs de danse à Mauia. Les femmes marquisiennes sont efficaces et autoritaires; la danse représente une composante essentielle de leur vie. La beauté et le charme sont utilisés et enseignés très tôt. On est surpris d'assister à des représentations où de jeunes filles utilisent à merveille le pouvoir séducteur des mains et du visage; le déhanchement n'a plus de secret pour ces très jeunes danseuses . Pourtant…décostumées, les marquisiennes sont timides et très pudiques.


En Polynésie, l'île de Ua Pou est surnommée « l'île aux femmes »

Une protection naturelle

Samedi, juin 28th, 2008

Mea oko te tai; la mer est forte (face au vent)

Les côtes de certaines baies sont particulièrement sauvages. Les récifs abondent, la mer est souvent forte et l'accostage rarement possible. La photo présente la baie de Hakamoui, dans la vallée des rois. Cette difficulté à prendre la mer et à débarquer, protégeait les lieux des attaques des tribus ennemies. C'est pour cela, que la partie face au vent de l’île, comporte des villages beaucoup plus importants que la partie sous le vent exposée à l'arrivée des ennemis. Le cannibalisme étant très répandu à l'époque il fallait penser à tout et cette protection naturelle était très recherchée. Les chasseurs d’hommes qui s'aventuraient dans ces difficultés pour capturer des victimes promises à leur prochain repas pouvaient très bien devenir eux-mêmes le kaïkaï de leurs victimes

Le tipo, papillote marquisienne

Vendredi, juin 27th, 2008


Le tipo est une technique de cuisine traditionnelle marquisienne. On fait chauffer une pierre volcanique poreuse puis on plaque dessus les aliments à cuire (viande ou poisson) .Le tout est ensuite fermé dans des feuilles de bananier et laissé une heure (le temps de la cuisson).Il suffit ensuite d’ouvrir cette «  papillote version brousse » et de déguster…Cette technique était utilisée par les anciens,  surtout pour la cuisson des oiseaux.


L'art du cuisinier réside dans la détermination de la température de la pierre.

« Mouiller » à Ua Pou

Jeudi, juin 26th, 2008


Cette petite baie, située à proximité de Haakuti, est le seul endroit où les voiliers peuvent mouiller en dehors de Hakahau. Les côtes sont si sauvages et rocheuses que chaque vallée est inaccessible par la mer. Un oeil averti remarquera que le calme observé sur cette photo (mea mate te tai: la mer est morte)cache un danger pour les plongeurs. En effet, l'écume blanche présente à la surface est l'indice d'une houle de fond très dangereuse. Ti oi toi toi :attention!


Un peu plus loin, en s'éloignant du « monde civilisé »…se trouve l'étrange vallée de Hakaotu. Un ami marquisien, pilier culturel des Marquises, m'a raconté cette « histoire-légende » (j'hésite sur le terme). En voici un copié-collé où je n'ai pas changé un mot:


TAMAHEKOHEKO  vivait dans la tribu de KUATEA à Hakaotu. On raconte que jadis, jamais femme ne fut plus belle qu'elle…Quand elle passait devant les cases des hommes, ces derniers se cachaient ou la regardaient à la dérobée. Il faut dire qu'elle ne portait aucun vêtement: toute la tribu en avait décidé ainsi! Elle était consacrée à enseigner l'amour aux jeunes « KAIOI » (entre 15 et 20 ans) Mais seulement…, pendant la nuit de la pleine lune…elle devait rester « tabou ». Malheur à celui qui oserait la toucher! Cette nuit-là, elle se consacrait et se donnait entièrement aux « ombres de la nuit »


Malgré ce « tabou », par une de ces nuits de pleine lune, des jeunes de la vallée de Hakamaii, ivres de kava, lui rendirent visite … TAMAHEKOHEKO les supplia de ne pas s'approcher d'elle et de ne pas la toucher. Mais les jeunes firent autrement… Après avoir consommé le fruit « tabou », ils retournèrent chez eux en pirogue…mais à une centaine de mètres du rivage, KOTIOTIO, le grand requin-tigre de TAUAKIITOTO, grand prêtre de la tribu et oncle de TAMAHEKOHEKO, engloutit les jeunes imprudents d'un seul coup de gueule. Néanmoins, il en épargna un…celui qui gardait la pirogue, afin qu'il puisse raconter à tous la triste fin des irrespectueux…


De ce jour, marcher sur l'ombre de TAMAHEKOHEKO porterait malheur!


La princesse a toujours son « pae pae » dans la mystérieuse vallée de Hakaotu; on peut le visiter mais bien des gens pensent que son esprit est toujours là… Tamahekoheko n'est pas qu'une légende, elle a existé.  En effet, les initiatrices de l'amour étaient nombreuses aux Marquises et elles inspirèrent bien des légendes….


 

Les pilons

Mercredi, juin 25th, 2008


Les pilons font partie de l'arsenal de cuisine des marquisiens. En effet, les gestes autoritaires effectués pour préparer la popoï et le kaaku conduisent à transformer le fruit de l'arbre à pain en une pommade onctueuse, docile et conforme aux attente du frappeur. L'adjonction de lait de coco, le produit qui fait glisser les aliments en masquant les odeurs apporte une importante quantité de calories qui est responsable d'une obésité générale regrettable.


Toute ressemblance avec des pratiques politiques serait le simple fait du hasard…

Roche aux pétroglyphes

Mardi, juin 24th, 2008


Les anciens marquisiens n'ont jamais inventé d'écriture. Les seuls messages gravés que l'on trouve, et ils sont très rares, sont les pétroglyphes sur des roches volcaniques.


Ceux-ci viennent de la vallée de Haakuti et plus précisément d'un lieu où vivait le « dernier cannibale des Marquises » (d'après les locaux). Sur l'île de Ua Pou, il y aurait deux autres roches gravées: une dans la baie de Anahoa et l'autre à Hakatao.


La roche vient d'être lavée à l'eau, elle était recouverte de mousse. Quel était donc le message gravé?


On peut penser à une danse tribale.

Le sceptre royal

Lundi, juin 23rd, 2008

Tahiahoatapu (prénom signifiant l'amie très chère), nous présente le bâton du pouvoir. Découvrir le sceptre dans les mains d'une dame, c'est tout un symbole pour un peuple dont les femmes sont actives, solides et autoritaires.

Tiki en pierre fleurie

Dimanche, juin 22nd, 2008


Le tiki de droite est en pierre fleurie. Cette pierre très rare n'existe qu'en deux endroits sur le globe terrestre (sous cette forme). On en trouve des éclats sur la plage de galets de Hohoï et dans deux vallées de l'île. Les lieux d'extraction de la pierre sont tenus secrets.J'ai rencontré un géologue qui en avait découverts et qui m'a assuré qu'aucun ne figurerait sur une carte pour protéger cette richesse.


Il est d'ailleurs interdit d'exporter hors de l'île de la pierre brute, seuls les objets réalisés par les artisants locaux peuvent voyager.

Marae à Ua Pou

Samedi, juin 21st, 2008


Le marae était un endroit où se déroulaient tous les événements et manifestations de la tribu. Le site de Hohoï correspond à un village très important qui s'étalait dans toute la vallée. Actuellement, caché par la brousse, l'ensemble des pae pae échappe au regard et il faut se lancer dans une expédition pour découvrir les nombreuses bases des habitations.


Au centre du marae, se trouve un pae pae un peu plus haut que les autres et en son centre un trou étroit bâti en pierre, d'une profondeur d'environ 2 m. On me dit, que ce trou profond était destiné à recevoir les ossements (restes de repas) des victimes. En effet, les anciens croyaient que la force et l'esprit de la victime restaient dans ces reliques. Afin d'éviter que la tribu ennemie d'origine de la victime, vienne récupérer ses ossements, ce trou avait été construit pour qu'il soit très difficile d'y accéder.