Posted by oceanien on nov 14, 2009 in
tourisme

Cette peinture est présentée aux touristes de passage (Aranui) comme un condensé marquisien…un résumé qui se situe entre la réalité et les clichés qui alimentent les fantasmes des visiteurs.
Le casse-tête, …oui; les pics de Ua Pou, …bien sûr; les guerriers en « herbes », …oui; la fille aux seins nus…c'est un fantôme…à coup sûr! ou alors…on ne nous dit pas tout!…
Depuis que la religion a assagi,… enfin depuis qu'elle a assassiné les composantes charmantes de la société marquisienne, les seins des femmes sont exclusivement réservés à l'alimentation des bébés!

Les touristes qui espèrent trouver les pouvoirs de la belle en posant devant ses charmes en seront pour leur argent…mais…je sais qu'ils ont de l'humour et qu'ils sauront utiliser la corde sensible de leur guerrier pour rebondir…rebondir!

De toute évidence, le bonheur est là…c'est ça la magie des marquises…
Ils ont accepté que j'utilise leur photo…merci et bravo pour la bonne humeur.
Posted by oceanien on nov 6, 2009 in
grotte funéraire,
tourisme

Mareck, l'homme venu du froid qui ne sait pas manger sans couteau…a beaucoup de chance puisque sa gentillesse lui a permis de visiter une grotte funéraire privée…peu de touristes ont la possibilité d'aller dans ces endroits

Après les incantations d'usage, obligatoires pour que les roches à déplacer acceptent la visite et ne se montrent pas « trop lourdes »…Téa ouvre la grotte où ses ancêtres reposent

On découvre deux pirogues dans lesquelles se trouvent huit crânes et quelques os.

Habituellement, les corps des défunts étaient déposés dans le « hae tupapahu »(maison du mort) pour être massés et momifiés. Le crâne, partie essentielle du squelette était caché dans la grotte.

« mon arrière grand-père figure parmi les crânes; il a été séché dans les arbres car la famille n'utilisait pas de « hae tupapahu »

Des images que notre voyageur emportera en Tchécoslovaquie
Nous quittons les lieux en remerciant Téa et surtout les esprits qui aspirent au silence; Téa fait quelques incantations pour que tout se termine bien…
Posted by oceanien on nov 3, 2009 in
tourisme

Faire la fête…c'est une vieille habitude aux Marquises. Autrefois, dans les tribus, chaque jour était coloré des plaisirs de la vie légère…rien n'a changé

Les danseuses de Ua Pou, qui sont les reines du charme et de l'expression, apportent régulièrement leur contribution…tout est là pour que la fête soit royale…tout?
La prière passée (on ne plaisante pas avec les médicaments spirituels…), le repas en musique peut commencer. Ce soir, nous avons un invité qui vient de très loin; Mareck est Tchécoslovaque et il découvre les Marquises.

Le veau grillé, Mareck, c'est délicieux…que t'arrive-t-il ?
« Il n'y a pas de couteau pour manger?
-et alors…, pas nécessaire…la viande est cuite!
-really !!! pas de couteau?
-c'est courant ici… »

« Comment peut-on manger ça?
-avec tes doigts et tes dents
- !!!…!!! (réponse du tchèque) »

« my god!!! »
« Et maintenant, j'ai les mains grasses! »

« et la nappe…
-oh non!
-si! «

Les trois mousquetaires en sont baba… »ils ne savent même pas manger en Tchécoslavaquie? … »
Mots-clefs :societe
Posted by oceanien on oct 28, 2009 in
tourisme

Aux Marquises, on ne sait jamais si l'on pourra partir…on ne sait pas plus si l'on arrivera…
Toute la semaine dernière, les avions sont restés bloqués par des pannes , par les nuages et par la pluie.
Samedi, alors que nous revenions de Tahiti, c'est la météo qui nous a fixés à Terre Déserte sur l'île de Nuku Hiva, un endroit charmant…mais désert!
Air Tahiti, qui ne laisse pas ses voyageurs dans l'ennui, nous a proposé le logement au village principal de l'île. Une heure et demie de piste en terre et un bungalow dans le superbe « Pearl Lodge »

Partant de là, les voyageurs devaient se débrouiller pour rejoindre leur île (Ua Pou et Hiva Oa) et donc trouver un pêcheur ayant un bateau libre et « capable… »

Un regard vers le large nous indiqua que la visibilité était nulle et la pluie forte…pas de doute « le Pearl Lodge fera l'affaire et comme il y a une fête au village…nous attendrons le soleil de demain pour traverser «

Et l'hôtel proposé par Air Tahiti…c'est un paradis…

Nous avons même laissé la table magnifique de l'hôtel pour aller encourager les oeuvres locales qui organisaient une soirée
Repas marquisien excellent avec six plats de viande, du poisson et une quantité astronomique de nourriture…car les marquisiens détestent souffrir de la faim (une vieille habitude…)

Pour bien digérer, un haka…ça réveille…

Pour renverser de la sauce sur ses habits…les frous frous…ça distrait…!

Et on rencontre même le pêcheur qui va nous ramener le lendemain…à voir les quelques bières qu'il déguste tranquillement…on est sûr que le soleil ne suffira pas à le déshydrater…

Ici…il faut prendre le temps de sourire…comme partout d'ailleurs…non?
Posted by oceanien on oct 1, 2009 in
tourisme

Cette tombe chrétienne ornée d'un tiki, symbole du dieu des anciens que l'église avait interdit, montre bien la composition paradoxale de la philosophie marquisienne. On est très chrétien, mais on croit toujours à la magie des ancêtres et c'est indispensable pour avoir une identité marquisienne.

Adoration et superstition se retrouvent dans toutes les situations humaines…et c'est si difficile de penser librement…

Taiohae, comme tous les villages marquisiens, est couvert de fleurs. La population accorde une grande importance à l'environnement des maisons. Peu de meubles dans les habitations mais un soin quotidien du terrain très planté.

Les cocotiers sont nombreux et parfois immenses (jusqu'à 50 mètres de haut). Tuhatete veille à ce que ses enfants évitent de passer sous ces géants végétaux. Un de ses frères a été tué à seize ans par la chute d'une noix et les voitures ayant perdu leur pare-brise sont nombreuses…

Un alignement intéressant devant la baie; à gauche, une chèvre qui est couchée sur un rocher, un cheval sous les bananiers et plus loin, des peaux qui sèchent et qui seront utilisées pour fabriquer les « pahu » (tambours)

Aucun produit n'est utilisé pour la conservation; on fait confiance au soleil. Trempées dans l'eau (par la suite),elles seront tendues sur les « pahu »
Mots-clefs :paysages
Posted by oceanien on sept 30, 2009 in
tourisme
Depuis ce matin vers 10 heures, c'est à dire 2h30 après un séisme qui a tué aux Samoa, la Polynésie regarde l'océan comme on craint un danger…
2h30…c'est énorme à une époque où les communications avec la lune sont possibles…et comble…le réseau téléphonique, saturé ne fonctionne plus! la télévision est coupée…

L'Aranui, goélette nourricière est dans la baie de Taiohae, loin du quai, alors que nous attendons « la cinquième vague »

Les agents de sécurité ont des difficultés pour convaincre les passants qui traînent sur le bord de mer et refusent de quitter la zone dangereuse…
On constate à quel point tout est vulnérable et inadapté ici : une seule sirène qui a prévenu une seule fois…
Un individu s'attarde sur le quai et répond à la question: » mais que fais-tu là?
-j'attends le tsunami!… »
La vague semble beaucoup moins forte que prévu…mais gare à la vraie méchante qui un jour viendra…
A l'instant, au moment où j'écris ces mots, la sirène reprend…une vague? on verra!

Dernière nouvelle, le cabanon où nous avons passé un dimanche « taipi » dans la vallée de Houmi (voir les deux derniers articles)…a été emporté par le tsunami….ça reste drôle…!!!

Aujourd'hui,nous étions de l'autre côté de l'île!!
Mots-clefs :societe
Posted by oceanien on sept 18, 2009 in
tourisme

Les Marquises sont les îles qui produisent les fruits de la Polynésie. Le « faapù » (terre cultivé) est situé dans la brousse, sur une terre défrichée. Un abri permet de faire sécher le coprah et le noni ; il est aussi utilisé pour dormir.
La vie des planteurs est rythmée par le passage des goélettes qui viennent prendre livraison des agrumes, du coprah et des nonis.
En ce moment, c'est l'époque des citrons verts; le travail se fait à la main dans des branches pleines de piquants. Ces citrons sont particulièrement appréciés à Tahiti. Quand on rencontre un ramasseur , le sourire est un message de bienvenue…mais la parole, outil hors de prix ici…est rare

Il fait très chaud et un moment de détente s'impose; on va boire de l'eau de coco vert sous un palmier…

On trouve, un peu partout…des restes d'anciens « pae pae »

Les coqs et les poules sont nombreux et des pièges traditionnels permettent d'en capturer pour la consommation des travailleurs . Des barres de bois sont assemblées en pyramide avec un déclencheur très subtile en écorce . De la noix de coco sert d'appât

Loin du monde, on pourrait se croire seul…pourtant les yeux sont partout
Mots-clefs :agriculture
Posted by oceanien on août 20, 2009 in
tourisme
Aranui, comme tous les mois, déverse aujourd'hui une grosse centaine de touristes . Comme c'est l'occasion de rencontrer les artisans et les artistes de l'île, de goûter les plats préparés dans les vallées et de profiter de l'animation préparée pour les visiteurs, on va au hae po'a en bord de mer.

Mon oeil tombe par hasard sur un tiki en pirogue, exposé au soleil…spectacle inhabituel ici!

Soudain, le tiki est saisi, manipulé et reposé par une main « emmanchée » d'un bras…

Et au bout du bras, une dame qui ausculte l'objet…

Avec l'Aranui en fond de toile , le spectacle est saisissant…

Ce sont trois tikis que la personne analyse avant de faire son choix.La touriste est allemande et une conversation en anglais s'engage entre nous. J'apporte ma modeste contribution pour l'aider à prendre une décision. Le sculpteur, père des trois merveilles, est Teiki. Ce jeune créateur est un artiste qui a beaucoup de personnalité. Je ne manque aucune occasion d'aller échanger quelques sympathies avec lui et je découvre à chaque visite, des initiatives originales

La touriste qui accepte gentiment de se faire prendre en photo pour contribuer à la construction de ce blog, me demande alors de lui faire voir les photos déjà prises .
« je ne me trouve pas assez bien…on va recommencer… »
Et dans ma tête…la musique de « Bagdad Café » démarre.. »je vois que le vent ramène vos cheveux sur votre visage…tournez un peu la tête… »

Vivre sur une île, à des milliers de kilomètres du premier continent, c'est comme « vivre sur un bateau ». On aime voir les dauphins passer ou les frégates tourner autour de nous en nous observant…alors, lorsque les oiseaux sont sympathiques…on aime encore plus le vent de l'océan
Rencontres éphémères
Mots-clefs :visiteur
Posted by oceanien on août 1, 2009 in
tourisme

Lorsque les touristes de l'Aranui débarquent, ils n'imaginent pas les règles économiques et sociales d'une petite île comme Ua Pou.
Il y a un ou deux siècles…(pas plus…), on sortait de la préhistoire. Le simple souci de remplir son estomac était majeur car l'île produisait peu d'aliments pour une population importante. Une de mes amies me raconte qu'il n'y avait pas de cantine à l'école et que les parents ne préparaient pas de casse-croûte; à midi il restait les fruits de la brousse …et ils n'étaient pas abondants. On trouve peut-être là, l'explication de ce rapport prioritaire que les marquisiens ont avec le « contenu de l'assiette ».
Les bavardages et les histoires drôles sont souvent occultés par les paramètres gourmands et une bonne cuisine est une cuisine abondante…

Nombreux sont ceux qui vivent de « petits boulots ». Les besoins financiers ne sont pas très importants loin de la société des loisirs et une rentrée, même modeste, d'argent suffit à acheter les produits de base. Alors on pêche, on sculpte, on prépare des barquettes de plats à emporter, on vend des fruits…

Grâce à la noix de coco, on produit le monoï et la sculpture de Ua Pou, très réputée, se vend bien

Bien sûr, les objets importants sont difficilement vendables car trop lourds et très chers (4000 euro pour le grand tiki)
Mais il y a de nombreuses productions de qualité à un prix abordable , pour les touristes intéressés (100 à 200 euro)

Les « kaioi » des vallées viennent accueillir les touristes et leur offrent un spectacle de qualité

On leur fait découvrir les instuments traditionnels marquisiens; le « pu », corne qui servait à communiquer et surtout à éviter les problèmes entre les tribus. C'était le « sésame » de la brousse.

Les chapeaux en plumes de coq et perles de la brousse sont toujours très utilisés

Les vêtements traditionnels en tapa sont décorés de pétroglyphes et tortues. La tortue, maintenant protégée, était le cadeau des chefs; le commun de la tribu n'avait pas le droit de manger les plats des notables.

Posted by oceanien on juil 19, 2009 in
tourisme

Teahi Pateo est le nom de la vallée dans laquelle se trouve Hakatao. La tribu locale vit loin du reste de l'île et les habitudes du passé sont encore d'actualité. L'utilisation de la monnaie n'est pas courante, l'échange ayant longtemps été le seul moyen de faire du commerce. Quand les goélettes arrivaient, on échangeait du coprah contre les produits de première nécessité (huile, sucre, farine). C'était la fête dans la vallée et on débarquait des réserves de vin…

Dans tous les villages marquisiens, on trouve ces panneaux sculptés qui indiquent les lieux publics ou servent pour l'affichage des communications écrites

Sur le bord de l'océan, les pirogues sont nombreuses. Utilisées pour la pêche, elles étaient le seul moyen de communication avec le reste du monde avant la construction de la piste (il y a dix ans)

Le village est traversé par un ruisseau où les chevrettes sont nombreuses ainsi que les anguilles géantes (que l'on voit sur la photo). Consommées à Nuku Hiva, elles sont préservées à Ua Pou…elles seraient la réincarnation de certains esprits…
Mots-clefs :societe