
Préparation de l'expédition vers la tombe
Le mystère de la tombe de Heato reste entier. Une équipe de tournage venue de France pour réaliser un document sur les marquises s'est installée à Ua Pou. Les reporters montrant de l'intérêt pour tout ce qui touche à l'histoire et aux superstitions marquisiennes, ils réussirent à convaincre un descendant du chef de la vallée de Hakamoui, de les conduire à la tombe. Je servais de guide à cette occasion puisque c'est le propre père de cet ami marquisien qui m'avait montré le lieu recherché au milieu de la brousse. Avant le départ, nous avions convenu que je n'apporterai pas d'appareil photo puisque le message n'avait indiqué qu'il était préférable de le laisser chez moi (voir l'article « le mystère de la tombe »). Heato prépara comme de coutume, les offrandes pour les apporter à son ancêtre : des fruits.

Nous sommes partis alors que le temps était variable mais quelque gouttes se mirent à tomber ; Heato me précisa : « ae kaki Heato »… (Heato ne veut pas). Je constatais qu'il était très attentif au moindre signe venu du ciel. Il faut préciser qu'il n'était jamais allé sur la tombe, qu'il en avait entendu parler de façon inquiétante et que pour lui la tradition et le magique sont des bases qui se respectent.
Nous sommes montés à la tombe comme une équipe qui réalise un reportage. Aux abords du « pae pae funéraire », Heato fit les incantations pour demander l'autorisation d'approcher et surtout de mener en ce lieu des « haoe » (des blancs…). Il fit ensuite une cérémonie de recueillement et présenta les offrandes. La scène dura de longues minutes.
C'est alors, que le caméraman réalisa que sa caméra était en pause car il avait malencontreusement inversé les commandes. Sa réaction fut : « je ne fais jamais cette erreur ; c'est une faute professionnelle ». Il fut désolé comprenant très vite que la scène ne se reproduirait pas une deuxième fois.

Heato montra beaucoup d'émotion car c'était la deuxième fois que cette interdiction de prendre des photos ou de filmer pour des raisons liées à des fautes de manipulation du matériel se produisait. Le caméraman cartésien comme moi expliquait de la même façon que je l'avais fait les raisons de ce problème. Il reste tout de même une coïncidence troublante quand on pense que nous n'étions pas sujets à nous laisser manipuler, que ces situations bizarres nous avaient été prédites et que par deux fois elles se réalisaient.

Respectons la tradition, respectons la culture marquisienne ; le mystère va garder toute sa poésie car nous nous sommes promis de ne jamais chercher à comprendre. Il est des raisons que la raison ne connaît pas!











