
Ce dimanche, par hasard, j’ai rencontré Tahiatauani et nous avons échangé quelques mots. Venant de Tahuata, une petite île des Marquises, elle a un regard très « tahuatien » sur les règles de vie aux Marquises.
Tahiatauani …c’est la « maîtresse du ciel », un prénom détenu par sa famille et donc interdit à tout autre Marquisienne. Autrefois, le « vol d’un prénom » pouvait conduire au crime…
Actuellement la règle est toujours très respectée mais les sanctions sont différentes : « si quelqu’un vole le prénom de la famille…alors on le donne à tous les animaux de la maison…chiens, chats, cochons…c’est la honte ! »
« A Tahuata, les règles sont très strictes ; un « blanc » a du mal à s’intégrer…surtout que dans le passé, les navigateurs ont fait des choses terribles là-bas et …ça a laissé des traces. »

Avant, aux Marquises, les jeunes vivaient leur sexualité librement et activement. La pudeur n’était pas un problème et les corps étaient souvent nus et parfumés…puis…la religion est passée par là…
Elle a enseigné la morale et montré le « péché » (une vision coincée de l’erreur…)
Maintenant, plus de seins nus, plus d’amoureux enlacés, plus de baisers en public…
Mais la nature reste et les couples se forment, jeunes, très jeunes…et des enfants naissent accidentellement sans avoir fait partie d’un « projet de vie »…ici, on appelle ça « les diplômes-bébés ». Que dit la morale ? …elle ferme les yeux et utilise le silence coupable…
Tahiatauani me précise que beaucoup de mariages sont « arrangés » par la famille mais que bon nombre de promises ont décampé avant la « consommation ».
Tahiatauani, qui a beaucoup de temps de loisir, pratique la pêche avec ses amies et la chasse à la chèvre.
« Pour la chasse, c’est difficile…je n’ai pas demandé l’autorisation à mon mari et c’est sur son terrain que je chasse… les chèvres sont difficiles à approcher… »
« Il faut savoir qu’aux Marquises, les esprits de la brousse font respecter les règles et écartent le gibier si le chasseur a oublié ses devoirs… »

De la même façon, la cueillette des fruits est soumise à l’autorisation du propriétaire conjoint sous peine de malédiction et d’ennuis sérieux…(maladie, déprime…)


















































































