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Vous avez dit « TIKI » ?

Posted by oceanien on mai 24, 2009 in Jacques Brel

Tiki de Puamau


Les grands tikis sont rares aux Marquises; problème technique lié à l'absence de métal à l'époque préhistorique pendant laquelle ils ont été sculptés et vénérés. Cette époque s'est terminée  il y a 2 ou 3 siècles…L'écriture était absente et les sacrifices humains nombreux…


tête de tiki


Les représentations des « dieux caractériels » étaient rudimentaires, dépourvues d'expressions mais chargées de magie


grand tiki Hiva Oa


Ces personnages de pierre créés dans la tribu, échappaient au contrôle de leur « pères sculpteurs » lorsqu'à la suite de sacrifices et cérémonies, elles se retrouvaient « possédées » par l'esprit…


A côté de ce grand tiki, à Hiva Oa, coule un ruisseau…où étaient lavées les victimes…souvent, des enfants!


tiki récent


Les marquisiens sont très sensibles aux représentations; la vie tribale…c'était hier! J'ai ainsi vu un de mes amis regarder une sculpture où j'avais représenté une femme fantôme et me confier avec crainte : »tu ne devrais pas faire de « vehine ae ». La peur de voir l'objet devenir menaçant…


pae pae avec tiki


Les espaces chargés d'histoire sont toujours évités après 16heures…le début des promenades nocturnes…


habitation d'hier


Les marquisiens, très attachés à l'église catholique ou protestante, sentent les pulsions de leurs ancêtres et vivent entre le présent rassurant et un passé inquiétant mais important pour leur identité.


pétroglyphes


Le tiki, personnage aux grands yeux, à la bouche immense, au nez épaté et petit, n'a que trois doigts …ou six…


 

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Askoy, le voilier de Jacques Brel

Posted by oceanien on jan 26, 2009 in Jacques Brel

Un matin de novembre 1975, Askoy, le voilier de Brel entre dans la baie de Hiva Oa. La gendarmerie maritime se dirige vers lui et un quart d'heure plus tard revient demander à Marc Bastard, un professeur de maths à Sainte Anne d'accepter de rejoindre « le chanteur » sur son voilier pour lui donner des renseignements sur l'île. Brel voyage avec Madly et l'échange sympathique avec Marc Bastard va créer une amitié entre les personnages.


Marc Bastard raconte: »Ils étaient partis huit mois plus tôt d' Anvers et arrivaient aux Marquises après plusieurs escales »


Le surlendemain, Brel croisait Bastard et lui annonçait: » Finalement nous restons ici. Le pays est beau, les habitants agréables, et Dieu merci, ils ne me connaissent pas! ». Il voulait redevenir un homme comme tout le monde , il avait été opéré d'un cancer, une partie du poumon droit lui avait été enlevée.



« Il me reste peu de temps » confia-t-il.



L'épave de Askoy qui termina sa carrière ensablé sur une plage de Nouvelle Zélande (il fut ensuite ramené en Belgique pour être restauré)


Il avait choisi de s'installer à terre avec Madly, à flanc de colline au dessus de Atuona



Sa maison qui a été restaurée plusieurs fois à cause des termites


Il envisageait la mort à court terme avec une sérénité ironique…Il remplaça Askoy par un avion « Jojo » pour pouvoir circuler entre les îles. Il devait un dernier disque à la firme BARCLAY et le travaillait régulièrement



Une affiche du musée Brel à Atuona


Il aimait beaucoup la cuisine et partait régulièrement à Tahiti faire des courses car les magasins de Atuona étaient peu pourvus



Baie de Hiva Oa



Vue de chez Brel


Il offrit à son ami Bastard, un poulet à la Neva, entièrement désossé et reconstitué par lui-même. Il lui confia, qu'au début des années 50, il vécut pendant des semaines comme un semi-clochard à Paris entre les engagements mal payés…



Il était très généreux et avec Madly, organisait des goûters pour les petits élèves de l'école des soeurs. Comme les distractions étaient rares à Hiva Oa, ils entreprirent de monter un spectacle de variétés avec des danses à la mode, des sketches et des saynètes…à Hiva Oa, on en parle encore. Il convainquit le maire de faire construire une salle de projection et avec ses relations obtint des films. Il proposa aux habitants de Fatu Hiva, qui ne recevaient jamais de courrier: « envoyez vos lettres par la goelette, je vous parachuterai les réponses »



Henriette, une fille souffrant de troubles graves de la vue, fut évacuée sur Paris et ne vit que l'ombre de la tour Eiffel avant de devenir aveugle; son souhait de rencontrer Brel fut réalisé un après midi et le chanteur lui joua ses dernières chansons dont « aux Marquises »…et de grosses larmes coulèrent…



La dernière rencontre de Marc Bastard avec Jacques Brel eut lieu deux mois avant la mort du chanteur. Assis sur sa terrasse, il lisait un ouvrage à côté de Madly.


« C'est bien ton bouquin?


- »changer la mort » du professeur Schwartzenberg…tu vois, j'apprends à mourir!



Madly, sur la tombe de Jacques

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Aéroport Jacques Brel

Posted by oceanien on oct 15, 2008 in Jacques Brel


La tombe du chanteur avant la cérémonie


Hiva Oa vient de fêter l'anniversaire de la mort de Jacques Brel. Son aéroport s'appellera « aéroport Jacques Brel » et son nouvel aéroclub « aéroclub Jacques Brel ». L'artiste a été honoré comme il se doit par le ministre de l'outre-mer, le président de la Polynésie française, de nombreux ministres et des personnalités bien connues comme Patrick Poivre d  ’Arvor. L'épouse du chanteur était là.





Un danseur réalise un hakapahaka à côté de l'avion de l'aéroclub


Jacques Brel a laissé un souvenir fort dans les îles ; il n'y était plus le chanteur connu en Europe mais un homme qui prenait plaisir à rendre service chaque fois qu'il le pouvait. Sa tombe est située à quelques mètres de celle de Gauguin qu'il admirait.



Teve à côté de la tombe de gauguin


La cérémonie fut émouvante et des larmes coulaient alors que le chanteur a disparu il y a 30 ans.


Vous pouvez écouter sur le blog la chanson des Marquises créée par Brel : il y a la version chantée par Jacques Brel et une version réalisée par Teve, le ministre actuel de la culture qui m'a précisé que lors de l'enregistrement il avait souhaité une fin très marquisienne avec un haka mais qu'il dut renoncer car le producteur voyait les choses autrement.


 
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BREL, 30 ans déjà

Posted by oceanien on sept 20, 2008 in Jacques Brel

Brel nous a quitté il y a trente ans. Un vendredi matin, Soeur Rose, une de ses amies le trouve dans le petit hôpital de Hiva Oa; il a eu des soucis de santé dans la nuit (Brel lutte contre le cancer depuis longtemps déjà). Lui, qui distribue le courrier de l'île de Ua Pou chaque vendredi, affirme à son amie qu'il va prendre la direction de l'île et effectuer son service. Plus tard, Soeur Rose apprend qu'il a été évacué sur Papeete puis sur Paris…elle ne le reverra plus…

Soeur Rose, avec qui il entretenait une correspondance régulière

Brel se posait à Ua Pou toutes les semaines; un exercice périlleux.

Avec Madly

Dans le haut de Atuona, sur l'île de Hiva Oa, la maison de Brel et Madly

Brel a laissé une chanson qui a marqué les îles.  "Les Marquises" a été écrite en une heure seulement,  mais Madly précise que depuis longtemps Brel avait observé les marquisiens avec beaucoup d'attention et que sa chanson était déjà construite dans ses pensées.

 
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Jacques Brel à Ua Pou

Posted by oceanien on juil 31, 2008 in Jacques Brel


Tout a été écrit sur Brel, la personnalité et l'immense talent du belge et ce blog s'intéresse surtout aux petites histoires, aux mots de la rue…de la brousse . Alors, on s'en tiendra aux propos transmis par les locaux dans nos bavardages…


 Ici, à Ua Pou, il était plus apprécié, comme personnage participant à la vie marquisienne, aidant de son mieux les îles, que comme chanteur, trop intellectuel et dont les mélodies « ne montaient pas assez haut » (sic).


Il faut préciser, qu'il distribua le courrier de Ua Pou pendant deux ans (jetant les sacs en passant puis se posant sur le très difficile aéroport de Anéou) et qu'il assura les évacuations sanitaires des malades de l'île. Une de mes amies a été évacuée par lui: « un grand monsieur qui parlait peu et sifflait fort dans l'avion ».


Il fut invité à une noce à Hakahau et Ben (un intellectuel marquisien) me raconte: » connaissant son talent, j'ai essayé de le faire chanter; il se fit longtemps prier, manifestement peu à l'aise…Enfin, il accepta: ce fut un four…les gens ne comprenaient pas…


Quand on vit aux Marquises et que l'on apprécie la vie et les habitants de ces îles, on sent la pertinence des paroles de sa chanson « aux Marquises ». Les amis me répètent souvent leur segment favori: »gémir n'est pas de mise aux Marquises ».


 


 



Jojo, le bimoteur de Jacques Brel est visible au musée de Atuona à Hiva Oa.



Sa dernière escale, à quelques mètres de celle d'un personnage qu'il aimait beaucoup: Gauguin.

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