Posted by oceanien on oct 17, 2009 in
art et sculpture,
histoire

L'herminette était un outil très utilisé par les anciens. Constituée d'une lame en pierre taillée ou polie, elle était emmanchée au bout d'un bois taillé et fixée avec de la cordelette de bourre de coco. On en trouve beaucoup sur les sites de taille (île de Eiao) et sur les lieux de vie.

Celle que l'on utilise actuellement voit la pierre remplacée par une lame d'acier. Elle est employée pour creuser et finir la pirogue.


Objets réalisés par Dominique Kaiha que l'on retrouvera pour la semaine marquisienne fin novembre à Tahiti
Mots-clefs :sculpture
Posted by oceanien on sept 20, 2009 in
Le marae,
histoire

C'est sur ce tohua que s'est déroulé le festival des Marquises, il y a deux ans. Une équipe de travailleurs de la tribu locale, accompagnée d'un achéologue, a réalisé la restauration de ce lieu magique. Des moyens importants en hommes et en argent ont été accordés par le Pays (La Polynésie) et l'état (La France). Et le résultat a été à la hauteur de l'évènement.

2000 personnes ont dansé, chanté et raconté leur passé et leurs rites…un moment extraordinaire dans un espace où les esprits poétiques ont vibré.

Et aujourd'hui…le site est abandonné à la brousse, à l'érosion et à la stupidité!
Les habitations en cocotiers se dégradent vite, la brousse envahit l'ensemble du site …et ici, elle va vite dans sa destruction. Comment peut-on laisser un tohua aussi beau, un des derniers sanctuaires de l'histoire marquisienne …mourir d'oubli…après lui avoir consacré tant de sueur, d'argent et de rêves ?

Les Marquises souhaitent le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO…ne devrait-on pas montrer un peu plus de respect, pour le patrimoine culturel actuel ? …avant de demander plus…
Mots-clefs :archeologie, societe
Posted by oceanien on août 29, 2009 in
art et sculpture,
histoire

L'option artistique, dans tous les contextes humains, est un choix entre l'assimilation ou la révolte. L'incohérence a sa place pour produire « du caractère » au message; le « mauvais goût », terme des « bien-pensants », est une provocation …donc…un enfant de l'art

Et que la tiédeur du vent est douce entre deux tikis de cocotier

Le sculpteur a la mainmise sur les personnages de ses phantasmes. Au dos de Paetini, la « femme-fleur » intrigante, séduisante et si douce à caresser, il peut faire renaître Porter, son amant de six mois, capitaine de la flotte américaine, homme aux structures cubistes comme un militaire

Lui qui pensait dominer les tribus locales avec ses hommes armés de fusils, va connaître la désillusion du vaincu lorsque ses hommes vont essuyer une défaite face aux « Taipis » armés seulement de frondes et casse-têtes mais très adaptés au combat dans la brousse

La sculpture est-elle un art érotique qui permet de ne garder d'une femme que le velours de l'image et du contact. Paetini, femme aux quinze maris, était cheffesse d'une tribu où les « cris du soir » n'étaient pas que ceux de l'amour…
Mots-clefs :art
Posted by oceanien on juil 15, 2009 in
histoire

« Les îles Marquises font partie de la République Française et sont attachées aux valeurs de celle-ci ». Le Maire-Ministre de Ua Pou, Joseph Kaiha a fait un long discours pour démontrer toute l'importance de cette réalité marquisienne.

L'écharpe tricolore à côté des symboles marquisiens, un message plein de signification.


Sur la tête des enfants et des adultes les deux drapeaux associés Marquisien et Français


rouge, blanc, jaune et bleu, blanc, rouge


Dans un cadre luxuriant, tout le monde est allé se retrouver autour d'un lunch
à consulter aussi sur: http://oceanien.hautetfort.com/ Nuku Hiva en 1812 ; Porter et Paetini
Mots-clefs :societe
Posted by oceanien on juin 17, 2009 in
histoire

Le me'ae, c'était un endroit sacré, tapu. Peu d'individus étaient autorisés à le visiter et surtout pas les femmes (on avait là-aussi cette phallocratie archaïque qui existe encore dans certains pays). Toute transgression était punie de mort.
Le me'ae était occupé par les symboles magiques, les tikis qui incarnaient les dieux et les reliques osseuses des personnages importants. Le me'ae n'était parfois qu'un arbre creux où l'on avait placé des ossements.

Les grottes funéraires, très nombreuses dans les falaises et les endroits peu accessibles étaient des « me'ae »


Parfois, comme sur cet exemple, la pluie et le vent font tomber les pirogues funéraires qui étaient placées dans les cavités de la falaise. Les restes sont récupérés avec soin et respect par les descendants des anciens occupants de la vallée.

Chacun fait son devoir avec discipline, respect et crainte…car là-bas, les esprits se vengent et il vaut mieux ne pas les offenser…
Posted by oceanien on avr 8, 2009 in
histoire

L'histoire des Marquises souffre de l'absence d'écrits permettant de comprendre le passé. Les objets culturels qui étaient conservés dans les grottes ont été pillés il y a un siècle par les voyageurs. Mais le comportement actuel, peu responsable, de certains…enlève les éventuels regrets. En effet, bon nombre de ces objets qui ont quitté les Marquises sont bien conservés dans les musées du monde. Au moins…ceux-là existent toujours et seront utilisables pour récupérer ce passé qui manque…

Il y a bien sûr les pétroglyphes, nombreux à Nuku Hiva; mais ils ne sont pas une « écriture » et comportent peu de renseignements

Certaines îles ont construit des musées; Ua Uka en a plusieurs et ils sont intéressants; Hiva Oa et Nuku Hiva en ont aussi; Ua Pou en avait un mais actuellement il a disparu et les objets sont partis…ailleurs!…

Ces musées ont des pièces anciennes et proposent des reconstitutions

Il faut savoir qu'aux Marquises, la préhistoire…c'était…il y a deux cents ans; et dans le dernier siècle la vie a considérablement changé. Cette photo montre une époque où la vie était très libre dans ces îles mais avec l'arrivée de l'évangile…les « coups de soleil « se font plus rares…
Posted by oceanien on mar 27, 2009 in
histoire

Les premiers marquisiens arrivés à Nuku Hiva pratiquaient déjà les sacrifices humains. Les dieux qu'ils respectaient et qu'ils craignaient étaient représentés par des tikis de pierre ; les hommes pensaient même que les dieux habitaient ces tikis. Actuellement, beaucoup de mes amis craignent toujours ces tikis.On m'a raconté que des irrespectueux avaient été sévèrement punis par la magie de ces dieux de pierre…maladies, yeux exorbités, morts etc…
On m'a précisé que le « repentir » avait permis de soigner ou d'annuler les effets du mauvais sort…
Dans ce pays où la religion chrétienne est florissante, il y a une contrepartie pleine de croyances inquiétantes issues du passé et contre laquelle les marquisiens utilisent les recettes de l'église. La bénédiction est l'antibiotique qui protège des forces de l'ombre…

Ces têtes de tikis découvertes il y a quelques années ont disparu une nuit sans explications…elles seraient reparties dans leur lieu d'origine…

Quelques tikis dans la brousse de Ua Uka; c'est dans ce cadre qu'ils sont les plus beaux. Ils ont certainement vu des spectacles épouvantables

La sculpture est très sommaire mais ce tiki a été consacré avec du sang humain et aucun marquisien ne s'aventurerait à lui porter atteinte. Il a certainement été noyé d'eau bénite et de paroles « saintes »

Dans le même site

Toujours de grands yeux sans expression et une immense bouche; vision primitive qui situe les sens prioritaires

Les tikis sont absents sur l'île de Ua Pou …sans explications. Ils ne sont pas très nombreux sur l'ensemble de l'archipel…pillage? ils n'étaient peut-être pas nombreux autrefois car si difficiles à tailler.
Mots-clefs :tikis anciens
Posted by oceanien on mar 17, 2009 in
Légendes,
histoire

La nuit, les Marquises s'animent. Tous ces esprits, tous ces dieux de pierre et de bois, toutes ces femmes vengeresses mortes en couche avant de devenir « vehine ae » (femmes transparentes), toutes ces épouses trahies qui ont pris du poison pour revenir torturer mari et maîtresse…enfin, tous ces inquiétants ectoplasmes font un vacarme qui ferait fuir le hibou le plus courageux…Mais de hibou…il n'y en a point!
Et les marquisiens? On connaît leur courage et leur fierté, mais face aux revenants et aux dieux…il n'y a plus personne…
Un de mes amis était parti pêcher les chevrettes dans un ruisseau de la montagne; mauvais jour, les chevrettes étaient rares et soudain l'eau translucide du cours d'eau se troubla…alors, sur le sable, il découvrit une trace de pas, un pied gauche…qui se répétait sans trace du pied droit. Ce phénomène est bien connu aux Marquises, et on connaît tous le responsable de cette perturbation. Il n'y a qu'une chose à faire, prendre les jambes à son cou et filer!…ce que fit mon ami.

A Ua Uka, il y a une grotte en bord de mer. Elle est accessible uniquement à marée basse, et sur le sable, on distingue très bien des pas . Seul le pas gauche trace un déplacement de l'océan vers la grotte et tout est effacé à chaque marée montante puis réapparaît à marée descendante…mystère.
Un de mes amis, digne de foi a constaté le phénomène sans trouver d'explication.

D'une île à l'autre, la langue marquisienne change mais les croyances sont les mêmes. Il y a une vallée abandonnée, à Ua Pou, où les marquisiens respectent le silence. On dit qu'il faut la quitter avant 16 heures car les esprits s'agitent. J'ai rencontré un archéologue qui a passé la nuit sous une tente, au milieu des endroits « tapu », et effectivement, il a été dérangé…par…les moustiques; mais…il était un homme blanc!

Toutes ces émotions, toutes ces couleurs et la culture renaissante font les Marquises. Les enfants du pays sont comme partout ailleurs « fiers de leur identité »
Posted by oceanien on jan 30, 2009 in
Anciennes Images,
histoire

Tuhuka o'oko (grand maître) de Taiohae; il était le spécialiste de la généalogie, des légendes et des savoirs…la mémoire de la tribu

Quand un bateau arrivait, les femmes nageaient derrière les pirogues et si la permission leur était donnée, montaient à bord…le plus vieux métier du monde…

Les femmes furent « le souvenir inoubliable » que gardèrent les marins ayant visité le pays (Radiguet)

Ce portrait et les deux dessins suivants, ont été réalisés par un artiste étonnant. Agriculteur, aventurier et peintre, Marcel Roustan dit « Marcel Marius » vendit tous ses biens de France (Hautes-Alpes) pour venir s'installer en Polynésie. Il fit « plongeur de nacre », « chercheur d'ambre », éleveur …et gagna même le tour cycliste de Tahiti en 1963!

Il fut émerveillé par la beauté des Marquises (îles et femmes…)

Vision naïve lors de l'arrivée aux Marquises

Les dessins qui donnaient le pouvoir
Mots-clefs :dessins
Posted by oceanien on jan 14, 2009 in
histoire

La suite de notre balade nous a conduits vers un des objectifs principaux : la tombe de la cheffesse Vahekehu Moanatini. Dans d'autres articles du blog, j'ai déjà expliqué comment fonctionnait le système hiérarchique aux Marquises. Quelques personnages importants, Pakoko, Temoana et Vahekehu ont eu une influence déterminante sur l'histoire de l’île.
Temoana (l'océan), s'est marié à l'âge de 12 ans avec Apekua ( il est mort à 43 ans); il a eu un enfant qui s'appelait Moanatini. La vie de ce chef fut très agitée car il a fait un long séjour en Europe, et donc connaissait le monde ; il a navigué un peu partout en Polynésie et a pactisé avec les autorités religieuses pour faire régresser l'influence de la tradition marquisienne en décrédibilisant les tabous de la croyance tribale. On dit qu’il était calculateur et alcoolique.
Sa deuxième femme, Vahekehu, était une ancienne terreur qui a fait sacrifier bon nombre de victimes au son des pahus. On dit d'elle, qu'elle payait en « viande d’homme ». Elle avait des tatouages remarquables qui offusquaient les autorités religieuses et qu’elle aimait beaucoup montrer en public. Elle a provoqué des guerres entre les tribus dont elle était le trophée.
Temoana a épousé Vahekehu, la soeur de sa première femme.

La rencontre avec le descendant de Vahakehu Moanatini
Le couple Temoana-Vahekehu est devenu un médiateur convaincu et convaincant de la religion catholique.
Ils ont adopté Moanatini dont la fille Vahekehu Moanatini est devenue chef fesse , elle aussi. C'est la tombe de cette magnifique femme que nous sommes allés visiter en ce début janvier.

Vahekehu Moanatini

Sa tombe et des tombes d'enfants
Nous disposons d'une photo de la princesse Vahekehu qui, malgré une ascendance cannibale, a été une personne proche de la religion chrétienne ; l'aspect de sa tombe ne laisse aucun doute . On ressent beaucoup d’émotion devant la stèle de la princesse, qui avait beaucoup de charme ; son arrière petit fils me précise : « j’ai visité sa tombe, il ne reste d’elle que le crâne…elle a été enterrée avec ses deux derniers maris… ! » je n’ose pas demander s’ils ont été enterrés le même jour !!!
(ce sera pour la prochaine fois)
A côté de sa tombe, plusieurs tombes d’enfants.

Lorsque nous sommes arrivés sur les terres où elle repose, un panneau nous interdisait l'entrée. Nous avons donc attendu et vu arriver un homme accompagné de quatre chiens, qui portait un coupe- coupe dans la main droite. Tuhatete s'est mis à parlementer et rapidement l'ambiance s'est détendue. Nous avons donc pu visiter les différentes tombes ainsi que l'ancienne église et quelques « pae pae » en parfait état de conservation.

L'ancienne église

Pae pae avec parements en keetu
En nous quittant, les propos étaient : « tu reviendras bientôt ? » …je lui ai promis une photo de son ancêtre …et l’ambiance était franchement amicale.

Départ vers terre déserte

Les chevaux sauvages du plateau
Mots-clefs :princesse, tombe