
Marquisien, tu viens de la mer; dans ta pirogue, tu tournes les yeux vers l'horizon d'où sont venus tes ancêtres…Comme sur cette peinture, ils ont vu les récifs noirs hérissés de pointes, les piliers de la maison des Dieux: Ua Pou
« Mea oko te tai », la mer est forte, ou l'océan a ses humeurs…puis le lendemain, avec un peu de compassion pour « l'immense »… »mea mate te tai », la mer est malade ou la mer est morte…et comme tu n'es pas sans ressort, tu ajoutes « allons la voler, la piller! » et immédiatement tu te lances dans la quête des coquillages, langoustes et autres oursins.

Mais, regarde bien le piège…ce passage aisé à franchir, te laisse sur tes gardes…un certain temps…toi, le guerrier froid et solide… mais comme une femme folle de désir, la mer te prépare un assaut aussi imprévisible que violent. Ses lames prennent la forme de bras pour t'enlacer avec surprise et t'emporter « dans le grand lit »
Plusieurs de nos amis n'ont pu résister à ses élans, ils ont disparu sous la falaise et même deux « vehine de l'île » ont, il y a queques semaines, flirté deux heures avec les ondulations de l'océan, blessées, perdant leur sang mais un jour où heureusement, les requins étaient absents!

Ne te fie pas aux blennies, ces poissons qui sucent les roches et fuient à toute queue, à la surface de l'eau sans plonger…depuis la traversée de la Mer Rouge…les hommes n'ont toujours pas compris comment courir sur l'eau…

Du reste, à bien y regarder, il y en a deux qui n'ont même pas bougé en te voyant

Les roches noires qui résident dans cette partie de l'océan, viennent de très loin, du centre de la terre…on dit qu'elles auraient éprouvé une grosse pulsion volcanique afin d'être expulsées par un long conduit brandi verticalement mais qu'ensuite, la fièvre serait retombée « su-bitement » et c'est pour cela, que leur épiderme chaud et luisant de la sueur du ventre (de la terre) se serait craquelé pour le plus grand plaisir des géologues.

Alors, avant de te lancer dans la cueillette des plaisirs de la bouche (entre autre), pèse toujours les risques, choisis selon ton désir…mais ne te laisse pas endormir par le chant de la « sirène »

Ou alors, prends ta vieille guimbarde et « fiche le camp »…sans écouter ton ventre qui grogne, tes mains qui tremblent et tes rêves qui font une dernière tentative pour te faire revenir

Parce que vois-tu, mon cher guerrier, la mer est belle, désirable et pleine de promesses, mais tu pourrais parfois oublier que sous le velours de sa séduction se cachent des dangers imprévisibles et mortels…