Archive for the ‘Cycle de la vie d'ici’ Category

Des lauréats récompensés à Ua Pou

Mercredi, août 5th, 2009

remise des récompenses


Un peu plus d'une vingtaine de jeunes de Ua Pou ont été reçus au baccalauréat et l'île, avec l'aide du territoire qui a apporté une aide financière,a organisé une fête pour les honorer .


administrateur territorial


L'adjoint de l'administrateur territorial encourage les élèves; 2009 est un « bon cru »


le maire-ministre


Chaque lauréat a reçu une revue culturelle sur Ua Pou et un diplôme municipal.


les revues


Les couronnes de tiaré ont donné le ton de la cérémonie.


les lauréats


Une bonne occasion pour afficher des conseils importants ici (le paka, cannabis local est très fort et dangereux )


haka


La soirée s'est terminée par un haka…bien sûr!

A Ua Pou, les Shadoks contre les Gibis…

Mardi, juillet 28th, 2009

tir à la corde1


Un dimanche, comme beaucoup d'autres, mes amis marquisiens ont envie de bouger, de rire et même de jouter. Leurs ancêtres lointains…(il y a 200ans) cherchaient du gibier humain pour organiser la journée…Les marquisiens d'aujourd'hui, bons vivants et rieurs font revivre cet instinct de rivalité autour d'exercices plus drôles et où les perdants ne finissent pas toujours dans le four …


les tuhukas


Les « naïki » du nord vont rencontrer ceux du sud sous l'oeil vigilant du tuhuka « Ben » et de son acolyte « le fouetteur Mate »


on tire...


Naïki contre Naïki , la sangle n'a qu'à bien se tenir…


accident de sangle


Et ce qui devait arriver arrive…les guerriers ont raison de la corde


Ben outré!!


Ah! mon dieu! mais pourquoi Tanaoa nous fait-il cela? (Tanaoa…Dieu marquisien)


tuhuka déprimé


Le grand Tuhuka est déprimé: « aucun combat ne peut se terminer par un match nul aux Marquises car qui mettrait-on au four? »


Réconfort de Mate


Le deuxième tuhuka « Mate », qui a  lui aussi un gros appétit, réconforte le Tuhuka oko Ben en lui laissant espérer un casse-croûte moins humain…certes…mais capable de lui éviter une perte de poids préjudiciable à son aura dans la tribu…


le sourire revient


Les paroles des grands maîtres ont toujours été efficaces pour soigner les déprimes des guerriers; Ben retrouve le sourire


la cheffesse Tina


Ils vont recommencer…mais un nouvel échec serait porteur de malédiction!!!


nouvel essai


Et nos Naïkis remettent ça…Mate en profite pour se défouler un peu… »ce n'est pas le casse-tête mais ça fait du bien… »


au four!


A l'époque des « tupuna »…tu aurais fini en kaïkaï…


et les femmes aussi


Mate ce n'est pas sérieux!


ben


« ce sont des « kaioi »! tout juste bons pour la danse et la musique! » répète Ben…ah…les kaïka¨de nos ancêtres!!!


visage des Marquises


Mais aux Marquises, il y a toujours de l'amitié, des jolis filles et de « l'ambiance »…


 


 


 


 

 » diplôme bébé »

Jeudi, avril 16th, 2009

déchargement Aranui


Toute les trois semaines, Aranui, la goelette nourricière débarque les provisions de l'île. Ce matin, tout prend du retard car le bateau a apporté tout le matériel et tous les engins nécessaires à la réfection de la piste de l'aéroport. Des heures d'attente longues et ensoleillées…on est à l'équateur!


engins


On décharge des camions, des bitumeuses et des citernes.


arrivée Kaohanui


Tout à coup, derrière l'Aranui, surgit un bateau de croisière, c'est le Kaohanui, il est venu chercher les lycéens qui doivent rentrer pour leur scolarité à Papeete. Ils vont faire 1500 km pour rejoindre l'internat et ne reviendront que pour les grandes vacances de Juillet.


embarquement


Le Kaohanui ne pouvant pas accoster à cause de l'Aranui, la goelette met à sa disposition une baleinière afin de transférer les élèves vers leur bateau.


une quarantaine


Quarante adolescents embarquent et nous les observons; ils sont très adaptés et prennent tout ça en riant. Il faut dire que l'internat à Tahiti n'assure pas l'hébergement pendant le weekend et ces jeunes ont l'habitude de se débrouiller.


Une amie marquisienne me précise: » ils embarquent à quarante mais reviendront plus nombreux! à cause des diplômes-bébés  »


Effectivement, la contraception n'étant pas préconisée par des familles très « pieuses »…les accidents sont nombreux!


vers Kaohanui

Les gestes qui font la vie

Mercredi, mars 25th, 2009

gravure de pétroglyphes


Depuis toujours, les mêmes gestes rythment la vie aux Marquises. La sculpture est bien sûr la reine des activités de l'île. De 7 à 77 ans les sculpteurs produisent des objets culturels mais aussi les outils de la vie traditionnelle. Des pilons utilisés pour la préparation des « purées « fermentées ou fraîches aux plats en bois, en passant par tous les panneaux signalant les lieux importants, les sculpteurs sont très sollicités.


créateur face au miro


Le travail est pourtant long et difficile; les poussières de bois de rose sont très urticantes et le bruit fatigue…L'arrivée du matériel électrique permet des réalisations nombreuses et de qualité. Un de mes amis me racontait que son père qui autrefois, n'utilisait que son couteau et un coupe-coupe, vivait en sculptant six plats par mois.


récolte oursins


Dans les vallées, toutes les ressources locales sont bonnes à prendre. Ici, la récolte des oeufs d'oursins. Une pleine pirogue d'oursins permet de remplir une bouteille d'un litre et demi d'oeufs; elle  sera vendue 5000 cf c'est à dire 40 euro


Ces oeufs sont excellents crus avec du citron. En période de pleine- lune, les oursins sont remplis d'oeufs.


Le tapa


Le tapa, couche de bois battu, a longtemps été le tissu des marquisiens. Actuellement, il est surtout utilisé dans le cadre culturel. Parfois pourtant, des nostalgiques l'utilisent comme vêtement pour se marier . Ils viennent à la mairie à cheval …


tapa peint

Discrétion et méditation

Vendredi, mars 6th, 2009

méditation


Issu d'une société qui a l'habitude de peser le pour et le contre de chaque évènement, de chaque option…j'ai dû ajouter quelques codecs à mon programme de communication, pour comprendre ou ne pas chercher à comprendre, les paroles et actes qui jalonnent le déroulement de la vie ici. Et puis, quand on est entouré de gens adorables, il est essentiel …de jouer la bonne musique: le mimétisme complaisant…mais éclairé!


conversation


Dimanche dernier, j'ai eu l'occasion de discuter avec une amie originaire de Nuku Hiva . Quelques indices m'ont révélé la connaissance que la personne avait sur l'histoire locale, et j'ai profité de la situation pour lui demander  des renseignements concernant la tombe de la Reine Mère Vaekehu (un sujet qui me tient à coeur)


« La tombe de Vaekehu…je ne sais pas!… » …silence…


Puis « ici, on n'aime pas parler de ça… »…silence


-je ne sais pas où elle se trouve…d'ailleurs…c'était en bois autour de son tombeau, je m'en rappelle bien et puis j'ai vu qu'ils avaient tout changé…elle a été enterrée avec des secrets! »


-quelles sortes de secrets?


-des secrets! »


mystère


Bien entendu, je vais chercher un peu plus, avec l'accord de la famille . Les tombes étaient des « meae » tabous autrefois; actuellement le panneau « tapu » est toujours là, menaçant pour l'irrespectueux.


Cette situation est très représentative du tempérament marquisien; la peur du magique règle tout, puis vient l'expression  de la propriété, jusque dans la mort.


Mais j'aimerais vraiment voir la tombe de cette reine qui fut sanguinaire au début de sa vie et médiatrice de l'église au terme de son chemin…


sensation venue du passé


Presque tous les marquisiens savent qu'elle est quelque part, entre le ciel et l'eau. Elle écoute le souvenir des tambours qui ponctuaient les sacrifices qu'elle exigeait, qui saluaient le chef victorieux à qui elle se donnait après avoir exhibé  ses tatouages intimes.


la force des souvenirs


Un seul regard vers sa tombe, j'en suis sûr, ferait renaître les cris des tribus; un souvenir à ne pas rater…

Anniversaire et fleurs

Dimanche, mars 1st, 2009

la prière


Aux Marquises, les fleurs sont aussi importantes que l'air que l'on respire


cadeau


La photo ne peut pas communiquer le parfum de la scène…dommage!


comme partout!


couleurs,  perles et sourire


c'est bien!


collier dents de cochon


N'oublions pas que nos amis « Taipi » sont les fiers descendants de la tribu des guerriers les plus redoutés de Nuku Hiva


veau grillé


Une grande famille qui se retrouve dans la fête, un symbole marquisien

Insularité à Ua Pou

Lundi, février 23rd, 2009


Vivre dans une île, une « vraie », coupé du monde,même si internet diffuse les nouvelles couleurs d'un monde en évolution, c'est faire de soi « un être endémique »


Et dans un cadre social endémique, les sujets ont des préoccupations endémiques.


Un ami enseignant que j'interrogeais il y a peu, au sujet de l'évolution d'un enfant qui avait attiré mon attention m'affirma: »il a vraiment évolué, cette année! ». Je pensais donc que le garçon avait mis en place des compétences scolaires et sociales . Mais l'explication ajoutée me surprit: »il est devenu un excellent batteur de pahu (tambour), il a le rythme et montre des capacités vraiment importantes pour mener un groupe de haka »… 


Les projets de vie sont parfois très exotiques!…



L'insouciance est certainement une composante essentielle de la qualité de la vie, même si elle ne correspond pas aux besoins de la plupart des hommes. Pour être capable vivre en « ayant le temps »…,il faut dépasser les stéréotypes que notre éducation a installés.


Un marquisien me précisait, il y a deux jours : »la vie ici,  c'est la culture ». Elle crée l'activité, la rencontre et développe l'ambition intellectuelle.



Il est vrai que le cadre, agité seulement par les soubresauts des cocotiers qui se prélassent au soleil, n'est pas de nature à déranger les esprits. Plutôt que d'imaginer une unité de production dans ce lieu…on rêve d'un tiki en bois rouge autour duquel ondulent des fleurs et des danseuses.



La vie est balisée « d'illusions confortables », et les objectifs de la société moderne n'ont aucune chance de mobiliser les individus vers « l'emprisonnement comportemental »



Il arrive que les individus, passionnés par une activité comme la pirogue oublient la beauté des falaises qui les observent; l'ingratitude des « enfants gâtés »



Mais ce n'est pas mortel car au bout de la vallée, la laverie des péchés attends les ingrats, les menteurs, les gourmands, les jaloux…pour leur redonner la blancheur et la pureté des candidats au paradis 

Politiques et sourires

Jeudi, février 5th, 2009

le repas du pauvre


 


Coluche disait : « l'artichaut, c'est le plat du pauvre ; en effet, à la fin du repas il y en a plus dans l'assiette qu’au début… ! »


Nos élus locaux n'ont pas toujours confirmé cette règle. Il y a quelques années, lors d'un voyage à Paris, les élus de l'assemblée ont été reçus à un repas officiel où figuraient des artichauts. Ces légumes étaient inconnus des polynésiens.


Le personnel de restauration fut bien étonné quand il vint desservir la table, de constater que les assiettes étaient vides. Pas une feuille et pas un brin de foin n’encombraient  les couverts. Nos convives avaient tout simplement mangé la totalité des artichauts.


L'histoire ne raconte pas les contorsions du cou indispensables pour éviter  l'étouffement et le rôle impératif des cure-dents pour faire le ménage buccal.


Je suis persuadé, que longtemps après, ces artichauts n'ont toujours pas été digérés et qu'ils ressuscitent régulièrement dans la gorge de nos élus. Il n'y a qu'à voir les grimaces que les leaders se font quand ils dénoncent les défauts de leurs adversaires en sachant très bien qu'ils ont les mêmes chez eux. On peut leur conseiller l'utilisation d'une bonne purge ; ils connaissent très bien le terme puisque régulièrement ils en font la nourriture de l'assemblée.


Mais comme il y a toujours quelque chose de bon dans les individus, même lorsqu'ils font de la politique, on leur conseillera simplement une petite dose de sérum de vérité et d'humilité.



 


source


Nos hommes politiques sont les rois de la salle de bain; on leur donne une savonnette et ils nous font un mur de mousse…mais la mousse, c'est du vide et rapidement, on retrouve une ambiance humide et inerte…bien sûr, l'espoir fait vivre mais chaque nouvelle promotion apporte son lot de désillusions…


Pourtant, il y a des hommes qui inspirent le respect…Le premier président de l'assemblée terrotoriale (d'ici…) était atteint d'un mal très grave. A l'époque, les riches et les célèbres étaient évacués vers la France par avion. Les gens simples prenaient le bateau et quatre semaines de navigation…c'était parfois fatal. Ce président décida de renoncer à l'évacuation luxueuse (pour l'époque) et choisit, malgré la gravité de son cas, l'évacuation des gens simples.


Au moment où le bateau quitta le quai de Papeete, il y avait foule…on jeta des couronnes de fleurs. La tradition raconte que si la mer emporte les fleurs à marée descendante puis les rapporte à marée montante…le présage est bon.


Les couronnes quittèrent le lagon par la passe…mais restèrent au large à marée montante…


Le président mourut dans le canal de Panama!


Il n'y a pas que des danseurs étoiles dans ce monde…


 

Le temps des fleurs

Mercredi, février 4th, 2009

tronc insensible


Un grand pays, loin des Marquises, endure le froid de l'hiver et la mégalomanie de son chef. Les pauvres deviennent plus pauvres, les riches, toujours riches…découvrent que la crise peut les griffer et l'opposition, qui n'a certainement pas envie de peser dans la suite de l'histoire, se couvre de ridicule…


Et en Polynésie…


plus blanc que blanc


Les marionnettes locales qui ont depuis longtemps cherché la larme pour nous convaincre qu'ils étaient plus blancs que blancs…


rouge sang


retrouvent leur talent de menteurs, calculateurs, profiteurs etc…pour tenter d'obtenir le pouvoir qui leur permettra de placer la famille, les copains, les coquins…


Les coups bas, les trahisons, les revirements fleurissent rouge


piment de l'amour


Les oiseaux deviennent des piments pour leurs anciens amants répudiés


jaune cocu 


Trompés, ceux-ci râlent, grognent et demandent justice


cocu épanoui


Puis, carrière oblige, ils reprennent le sourire, un rictus au coin des lèvres…contents, oui contents…mais cocus!


la rancune stérile


Ils jurent qu'on ne les y prendra plus!


Le phénomène météo typique de la Polynésie qui permet ces « vilaines choses » porte un doux nom: « le nomadisme politique »


Alors, plutôt que de me sentir à nouveau « mal dans mes godasses »…je vais retourner bécoter ma maîtresse favorite…


ma maîtresse coco


Mieux vaut en rire


 

Marquisien, homme de la mer

Lundi, janvier 19th, 2009


Marquisien, tu viens de la mer; dans ta pirogue, tu tournes les yeux vers l'horizon d'où sont venus tes ancêtres…Comme sur cette peinture, ils ont vu les récifs noirs hérissés de pointes, les piliers de la maison des Dieux: Ua Pou


« Mea oko te tai », la mer est forte, ou l'océan a ses humeurs…puis le lendemain, avec un peu de compassion pour « l'immense »… »mea mate te tai », la mer est malade ou la mer est morte…et comme tu n'es pas sans ressort, tu ajoutes « allons la voler, la piller! » et immédiatement tu te lances dans la quête des coquillages, langoustes et autres oursins.



Mais, regarde bien le piège…ce passage aisé à franchir, te laisse sur tes gardes…un certain temps…toi, le guerrier froid et solide… mais comme une femme folle de désir, la mer te prépare un assaut aussi imprévisible que violent. Ses lames prennent la forme de bras pour t'enlacer avec surprise et t'emporter « dans le grand lit »


Plusieurs de nos amis n'ont pu résister à ses élans, ils ont disparu sous la falaise et même deux « vehine de l'île » ont, il y a queques semaines,  flirté deux heures avec les ondulations de l'océan, blessées, perdant leur sang mais un jour où heureusement, les requins étaient absents!



Ne te fie pas aux blennies, ces poissons qui sucent les roches et fuient à toute queue, à la surface de l'eau sans plonger…depuis la traversée de la Mer Rouge…les hommes n'ont toujours pas compris comment courir sur l'eau…



Du reste, à bien y regarder, il y en a deux qui n'ont même pas bougé en te voyant



Les roches noires qui résident dans cette partie de l'océan, viennent de très loin, du centre de la terre…on dit qu'elles auraient éprouvé une grosse pulsion volcanique afin d'être expulsées par un long conduit brandi verticalement mais qu'ensuite, la fièvre serait retombée « su-bitement » et c'est pour cela, que leur épiderme chaud et luisant de la sueur du ventre (de la terre) se serait craquelé pour le plus grand plaisir des géologues.



Alors, avant de te lancer dans la cueillette des plaisirs de la bouche (entre autre), pèse toujours les risques, choisis selon ton désir…mais ne te laisse pas endormir par le chant de la « sirène »



Ou alors, prends ta vieille guimbarde et « fiche le camp »…sans écouter ton ventre qui grogne, tes mains qui tremblent et tes rêves qui font une dernière tentative pour te faire revenir



Parce que vois-tu, mon cher guerrier, la mer est belle, désirable et pleine de promesses, mais tu pourrais parfois oublier que sous le velours de sa séduction se cachent des dangers imprévisibles et mortels…