
Les Marquises bénéficient d'un climat océanique-équatorial…autant dire que la température est élevée mais stabilisée par l'océan. On évolue entre 27 et 33 degrés (nuit et jour). La vie des habitants de cette serre naturelle se passe essentiellement à l'extérieur des habitations. On mange dehors, on installe la télévision sur la terrasse…et il n'est pas rare d'aller dormir …sur la pelouse!
L'environnement de la maison est agrémenté par les fruitiers, l'atelier, la machine à laver (il ne gèle jamais) et beaucoup de fleurs. Les marquisiens sont attachés à la beauté de leur terrain; ils ramassent les feuilles tous les soirs et même si certains éléments décoratifs sont un peu « rococo… », ils montrent que l'apparence du logis est aussi importante que celle des « vehine » et celle des tatouages du « toa »
Le régime de bananes est toujours présent (les régimes!)

La pêche passionne autant les femmes que les hommes et si en Europe certaines épouses se plaignent des absences de leur conjoint parti « à la chasse » ou « à la pêche »…le problème est différent ici car les « vehine » aiment taquiner le rouget.

Mafeau (on prononce Maféaou) qui connaît toutes les recettes de la culture marquisienne, est en train d'emballer des « piere » (bananes séchées) pour un client. On aperçoit, dans un sac plastique, les feuilles de bananier séchées qu'elle utilise pour confectionner une enveloppe végétale. Le résultat est excellent…un peu fort en calories…mais parfumé et si naturel.
A plus de 70ans, Mafeau part de nuit sur les rochers, une canne à pêche équipée de mouches pour attraper des papahus ou des rougets. « peur », « danger »…elle ne connaît pas.

Les bananes sèchent au soleil sur la butte derrière la maison; enfermées dans un grillage fin pour éviter les insectes
Mafeau sait utiliser les feuilles et les tiges de cocotier ou de pandanus pour la fabrication des chapeaux, des habits ou des corbeilles utilisées dans le four marquisien. Elle fabrique des médicaments traditionnels avec le pilon et le umete.

Excellente cuisinière capable de préparer des plats modernes, Mafeau reste attachée (et on la comprend) aux produits locaux. Elle épluche le manioc qui sera cuit puis écrasé au pilon avec des bananes et du lait de coco…un plat fabuleux pour accompagner le poisson cru.

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