
C'est en voulant dessiner ou sculpter un tiki « marquisien » que l'on découvre « le regard particulier » de chacune de ces représentations. Le côté primitif et l'aspect autoritaire ne sont obtenus qu'en utilisant l'exagération des éléments qui composent le visage: de très grands yeux, une bouche longue et dépourvue de sensibilité, un nez large et plat. Les oreilles sont souvent absentes ou ont chacune la forme d'un nouveau visage. Le tiki ne traduit jamais la joie (sauf un cas à Hiva Oa); rarement la colère. Il est une menace rigide…

Il représente pourtant un dieu turbulent et agressif. Les marquisiens d'aujourd'hui craignent toujours les anciens tikis qui n'ont pas été exorcisés; les polynésiens des autres archipels ne sont pas plus rassurés…On m'a raconté qu'en construisant un hôpital à Tahiti, les ouvriers ont trouvé un vieux tiki; il a fallu qu'un marquisien vienne pour le déplacer car tout le monde craignait une malédiction ou des représailles…

Les « taua », grands prêtres des anciens étaient parfois des femmes; aussi trouve-t-on des représentations de tikis femelles puisque ces « taua » étaient appelés à devenir des dieux après leur mort. Ces femmes étaient parfois plus cruelles que les hommes…demandant beaucoup de sacrifices humains.

Dans la vie de la tribu, le tiki est partout: sur les armes, sur les « pahu », sur la place du village etc…seuls, les tikis des « grands dieux » sont cachés et réservés aux »tuhuka » et aux « taua »
Etre froid, visage figé, il est dépourvu de communication.

Un regard nouveau donne à la pierre fleurie toute sa personnalité; rouge et jaune…les couleurs de Ua Pou