
Ce samedi soir, comme beaucoup d'autres fois, quand on habite sur cette île, j'ai assisté à un spectacle de danse traditionnelle sur le front de mer, dans un local décoré aux couleurs et aux formes marquisiennes. Danse traditionnelle, mais aussi productions originales qui parfois prennent de la distance avec les stéréotypes du passé. Ce qui m'a frappé, une nouvelle fois, c'est le bonheur qui se dégage dans les ondulations du corps des danseuses et le soin avec lequel leur visage exprime le charme. La danse produit du bonheur à ses acteurs et fascine littéralement le public dans lequel les enfants ne sont pas les moins concernés.

Un voyageur qui débarque à Tahiti se voit offrir un collier de tiaré. Geste commercial, certainement… geste naturel, assurément !

Aux Marquises, ce comportement est incontournable ; l'amitié, le respect, et toutes les formes de relations sociales, sont assortis de colliers ou couronnes de fleurs et de perles. J'ai même eu l'occasion vendredi dernier, à l'aéroport de Ua Pou, de voir une épouse accueillir son mari, qui débarquait de l'avion, en lui passant un collier de tiaré. Ce geste était spectaculaire dans un contexte où l'habitude et la banalité des situations conjugales, ont souvent le dessus sur la spontanéité et les démonstrations de l’amour.
L'histoire de la société marquisienne montre un peuple où les femmes vivaient librement, utilisaient des ornements naturels et le pouvoir de leur corps pour séduire. De nombreux clichés laissent penser au voyageur qui arrive en Polynésie aujourd’hui, qu’il va trouver des vahinés aux seins nus et une liberté de comportement issue de la douceur du soleil.
À sa grande surprise, il rencontrera des femmes très pudiques qui se baignent avec un maillot de bain couvert d'un pareo, et qui ne montrent rien de leur charme (qui est pourtant très important).

La religion est passée par là ! Et toutes les incohérences dont notre ami Coluche parlait dans ses sketches aussi… On peut parler de trouble du transit sans paraître grossier mais jamais de l'amour et du sexe…
Aussi, il convient de considérer à sa juste valeur, l'importance de la danse, dernier refuge des femmes pour exposer ouvertement leur plaisir de séduire. Et ce plaisir est immense !

Les danseuses sont souvent jeunes, car dans la société marquisienne, rares sont les femmes de 20 ans qui ne sont pas accompagnées d’un ou plusieurs enfants et alors , elles ne sont plus de jeunes femmes mais « des mamas » . Elles remplacent alors leurs expression séductrice par l’humour, la dévotion et d’autres aspects de la danse en adéquation avec leur statut de « femmes définitivement sages ».
Heureusement, derrière cette caricature, il reste les exceptions et les rêves.

Au siècle dernier,une gravure comme celle-ci, était déjà un amalgame de clichés.
Tags: danse
TAHITI J AIMERAIS VRAIMENT POUVOIR ALLER VISITER UN DE CES JOURS
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