Le culte de la mort commençait par le « koïka vaimata » (la fête des pleurs) qui devait réjouir le défunt et le ramener à la vie pour le temps de la fête. Les proches du défunt se comportaient avec le corps comme s'il avait été en vie : les femmes par exemple, mimaient les gestes de l'amour. Lorsque le défunt était un chef, plusieurs personnes étaient sacrifiées au moment de sa mort.

De toute façon, la qualité du culte était très importante pour éviter que le défunt ne devienne un fantôme (vehine hae) qui reviendrait importuner les vivants par la suite.
Une mesure particulière était prise avec les grands prêtres qui devaient absolument mourir sur les pavés sacrés où on les portait avant la mort dans une case particulière très ornée : « le hae vaka » (maison-pirogue).

Avant d'être entreposé dans le « hae tupapa’u » (maison du mort, où le corps devait se décomposer, celui-ci était entouré d'écorces d'arbres. Dans un premier temps, le corps subissait une momification.

Tête momifiée

Objets du chef, dont un sceptre aux cheveux frisés (humains)
Pendant une longue période, on apportait de la nourriture au défunt. Lorsque le « hae tupapa’u » tombait en ruines, les restes du défunt étaient emportés dans une grotte difficile d'accès. On déposait surtout les crânes dans une pirogue particulière, le reste du corps était souvent utilisé pour constituer des objets et des outils porteurs de la magie du défunt.

« Hae tupapa'u » (la maison du mort, résidence qui précède la mise en grotte)

Grotte inaccessible dans une falaise de Hakaui à Nuku Hiva; la pirogue que l'on voit renferme plusieurs crânes.