Rites mortuaires aux Marquises

A l'annonce de la mort d'une personne importante, tous les parents et amis (souvent toute la vallée) accouraient. Les femmes criaient, pleuraient et hurlaient (parfois des pleureuses professionnelles). Elles étendaient leurs bras comme pour voler, se tiraient les cheveux, se frappaient la tête, se mettaient parfois nues. Elles se faisaient des incisions sur les joues, sur les seins et sur les cuisses avec des dents de requin ou d'autres objets tranchants. Une des femmes dansait le « HAKA TOè HEVA ». Elle mimait l'amour sur le mort avant que son âme s'en aille. Cette cérémonie pouvait durer trois jours, accompagnée d'un chant « HAKEIKEI » (ce qui signifie chant avec de grands cris). C'était le chant à l'usage des femmes pour pleurer les morts. Ensuite, on lavait le cadavre, il fallait l'oindre d'huile, de pani (huile de coco), puis il était paré de ses richesses terrestres, d'ornements multiples et déposé dans une pirogue préparée à cet effet. Des parents et amis couvraient le corps de « Tapa » et l'on continuait les lamentations et les repas. (le tapa est une sorte de tissu obtenu en tapant des écorces d'arbres) Cette première fête des pleurs ou fête des larmes était le « KOIKA VAIMATA ». Les morts ordinaires étaient portés dans des antres d'accès très difficile. Ils étaient couchés dans des pirogues pour rappeler le grand voyage sur l'Océan de Hiva (Océan Pacifique). Mais avant, le corps était massé avec de l'huile pendant des jours et même des mois pour en extraire les viscères par les voies naturelles et  faciliter sa dessiccation. Il était enveloppé dans un tapa et déposé dans la pirogue ou suspendu au faîtage de la case. Du squelette, on utilisait parfois: -les vertèbres pour faire des  »IVI POO » (tubes sculptés pour fixer des mèches de cheveux)  le tibia pour fabriquer des hameçons qui portaient chance grâce au « mana » des ancêtres. (le mana c'est la magie) Les crânes des grands prêtres et de leurs serviteurs étaient enveloppés dans des tapas rouges pour les premiers et jaunes pour les seconds. (on en a trouvé dans les grottes funéraires de Hanahouira à Ua Uka)

 

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